C’est un peu le VTTAE du futur, celui que l’on attendait tous… si ce n’est pour l’adopter, au moins pour l’essayer ! En effet, le nouveau Rotwild R.X375 pèse moins de 20 kilos, est équipé du moteur Shimano EP8 dans sa version à 85 Nm et ses composants indiquent clairement une vocation sportive. Car ici, point de motorisation bridée ou d’assistance “light”. On fait dans l’efficace, en s’approchant du VTTAE dont les amateurs de pratique engagée rêvent en secret depuis quelques années. Le rêve est-il en passe de devenir réalité ? Réponses…

 


Temps de lecture estimé : 20 minutes – Photos : Laurence Faure


 

On en a rêvé… Rotwild l’a fait !

 

Rotwild R.X375

Fiche technique

  • Usage Trail et All Mountain
  • Roues de 29 pouces
  • Débattement 150 mm AV et AR
  • Cadre en carbone (2,5 kg)
  • Reach 450 mm et Stack 620 mm en taille M, offset (déport de fourche) 44 mm
  • Motorisation Shimano EP8 250 watts, 85 Nm
  • Batterie IPU375 QR Carbon de 375 Wh + chargeur rapide 4,5A
  • Console et commande : Shimano E800
  • Modes d’assistance : 3 (Eco, Trail, Boost) + assistance à la marche

  • Système pour réglages moteur personnalisés : oui, avec l’application E-Tube Project et E-Ride téléchargeables sur smartphone
  • Pneus Schwalbe Nobby Nic 29×2.35
  • 4 tailles (S, M, L, XL)
  • 3 modèles entre 6 999 et 11 499 €
  • Prix du modèle testé : 6 999 €
  • Poids vérifié : 19,85 kg (sans pédales, en taille M)
  • Disponibilité immédiate
  • Fiche du vélo sur www.rotwild.com

 

Je ne sais pas vous, mais moi, ça fait deux ou trois ans que j’essaye d’imaginer à quoi pourrait bien ressembler le VTTAE sportif du futur. Que je me prends à rêver d’un vélo à moins de 20 kilos équipé d’un moteur puissant qui permet d’aller taquiner le franchissement et les montées extrêmes, tout en ayant une géométrie et des composants capables d’affronter de vrais descentes, genre spéciales d’Enduro.

En février, lors de la présentation, puis de l’essai du Lapierre Overvolt GLP2 équipé d’une batterie Powerpack de 500 Wh, j’ai eu un aperçu de ce que ça pouvait donner. On y était presque…

Et aujourd’hui, avec le R.X375, Rotwild pousse le bouchon encore plus loin en proposant de réduire encore plus l’autonomie de la batterie (375 Wh, donc), tout en l’intégrant magnifiquement dans le tube diagonal. La marque allemande sera donc la première à proposer le VTTAE du futur… et Shimano, le premier à l’équiper d’un moteur paramétrable en fonction de la pratique de son utilisateur et des besoins de chaque pilote. Le résultat est assez bluffant, la finition superbe et avec 150 mm de débattement, plus une géométrie quasiment parfaite pour un All Mountain, sur le papier, on n’est pas loin du sans-faute.

Grâce à son cadre full carbone (même la biellette de suspension est du même matériau), sa mini batterie et son équipement adapté, le poids du modèle d’entrée de gamme à 6 999 euros passe juste sous la barre des 20 kilos (19,85 kg). Et ça, avec un vrai moteur puissant à 85 Nm ! Prometteur, l’engin.

Concernant la géométrie, on est dans la moyenne de ce qu’il se fait de mieux actuellement pour un VTTAE polyvalent, mais montagnard, avec un angle de fourche de 66,5°, un tube de selle à 75,5°, des bases de 450 mm et une hauteur de boîtier de pédalier de 340 mm. Bref, de quoi s’amuser sur pratiquement tous les types de parcours.

Au niveau de l’esthétique, Rotwild fait fort également, avec une déco sobre, une finition soignée, un cadre au design très réussi et un passage de la câblerie en interne au top. Côté pratique, même le démontage de la batterie avec corps en carbone est on ne peut plus facile. D’une simple pression sur un bouton doré, elle se dégage immédiatement et se révèle particulièrement légère (1,95 kg) une fois dans la main. En revanche, si vous décidez d’en acheter une en plus pour doubler l’autonomie, il vous en coûtera la somme rondelette de 749 euros… Pas donné.

 

Composants

Et puisque l’on parle de prix, attardons-nous sur l’équipement du R.X375 Core, monté, rappelons-le, sur un cadre tout en carbone de 2,5 kg. Et pour le coup, avec une transmission Shimano XT 12 vitesses 11/51, une tige de selle télescopique Crankbrothers dotée de 150 mm de débattement (le minimum pour une pratique All Mountain sportive) et des freins Magura MT5 4 pistons avec disques de 203 mm à l’avant et 180 à l’arrière, il n’y a pas grand-chose à redire. Surtout si l’on rajoute à cela les suspensions Fox Performance (on y reviendra…), les roues DT Swiss H1900 Spline de 30 mm de largeur entre crochets, la selle Ergon SM Sport et les poignées Lock-On de la même marque.

Et du côté des composants siglés Rotwild, si l’on s’attarde un peu sur la potence d’inspiration Renthal et le cintre équipé d’un passage des fils en interne, on ne peut que saluer la qualité et la finition des produits.

Enfin, même s’ils offrent un poids réduit et un rendement supérieur, les pneus Schwalbe Nobby Nic en 2.35 ne sont vraiment pas adaptés à la pratique du VTTAE sportif sur terrain accidenté et cassant… Dommage, mais c’est bien là le seul petit bémol et pour 6 999 euros, même si c’est une somme, j’estime que le client en a vraiment pour son argent.

 

Suspensions

En choisissant de monter une fourche Fox 36 Performance, Rotwild n’a pas cherché à gagner du poids à tout prix… Au contraire, même si le R.X375 est particulièrement léger, la marque allemande semble avoir tenu compte des contraintes supplémentaires liées à l’assistance électrique. De la vocation All Mountain du vélo, aussi. Et ça, nous ne pouvons que cautionner. Simple à régler et équipé d’une cartouche e-MTB Fit4 extrêmement efficace, la Fox 36 2021 est une vraie valeur ajoutée sur un VTTAE.

De plus, elle s’accorde vraiment bien avec la suspension arrière, qui, montée avec un Float e-MTB dont la réputation n’est plus à faire, fonctionne parfaitement. En position ouverte, l’amortisseur se comporte très bien et supporte largement un Sag un peu plus important que la moyenne conseillée (30 % d’enfoncement avec le pilote équipé sur le vélo). En revanche, en montée, cela implique de le mettre régulièrement en position figée, au milieu, entre ouvert et bloqué. C’est ainsi, avec davantage de maintien, que l’on gravit le mieux les pentes techniques, sinueuses et cassantes.

 

Moteur et batterie

Le nouveau moteur Shimano EP8 possède un rapport poids/puissance qui le situe parmi les meilleurs du marché et contribue à le rendre un peu moins énergivore. En effet, la réduction des frictions donne davantage d’autonomie à la batterie quand l’assistance est enclenchée, et un pédalage plus fluide, sans résistance, quand le moteur est coupé ou se débraye au-dessus des 25 km/h. Sur un VTTAE qui n’offre qu’une autonomie assez réduite, c’est donc forcément un atout.

La nouvelle motorisation EP8 est également plus silencieuse, alors qu’un assemblage d’engrenages plus précis et un faisceau de câbles mieux agencé participe plus efficacement au refroidissement du moteur en cas de fortes chaleurs ou quand l’assistance est sollicitée au maximum.

En ce qui concerne la batterie de 375 Wh, elle est forcément très compacte et sa coque en carbone permet d’atteindre un poids très raisonnable de 1,95 kg. De plus, elle est particulièrement facile à extraire de son logement en effectuant une simple poussée sur le bouton doré situé juste au-dessus et en la sortant latéralement de l’autre main. Certaines marques dont les batteries ne sont amovibles qu’en démontant le moteur (eh oui, ça existe encore en 2020 !) feraient bien d’en prendre de la graine.

 

Connectivité

Parallèlement à l’application E-Tube Project (voir plus bas dans le chapitre “Comportement moteur”), une nouvelle mise à jour de l’E-Tube Ride permet aux vététistes de garder un œil sur leurs informations via l’écran de leur smartphone. Celui-ci affiche diverses options, comme le nombre de kilomètres parcourus sur les différents modes Eco, Trail ou Boost, ainsi que de nouvelles fonctionnalités, comme l’historique des sorties ou des cartes interactives. Tout cela dans des interfaces plus ergonomiques et plus agréables à utiliser.

Les deux applications sont téléchargeables dès à présent sur iPhone et Android et sont entièrement compatibles avec le système Shimano EP8.

 

 

Sur le terrain

Prise en main

Souvent, sur les VTTAE actuels, j’ai tendance à dire que les vélos se prennent assez facilement en main. Qu’on est bien installé et qu’au bout d’une ou deux sorties, on se sent comme “à la maison”. Mais avec le Rotwild R.X375, c’est encore plus net. Dès les premiers kilomètres, le côté facile du bike apparaît comme une évidence.

Sa vivacité aussi, y compris moteur coupé. En clair, pour un e-Bike, ça roule déjà très bien uniquement à la pédale. Il se met facilement sur la roue arrière, démarre au quart de tour, s’élance assez rapidement et maintient parfaitement sa vitesse une fois passés les 15/20 km/h… Sans les roues en carbone, on est déjà assez proche du Specialized Turbo Levo SL Comp et quasiment au niveau de l’Orbea Rise, pourtant un peu plus léger. En quelques tours de roues, j’ai vite compris que ce VTTAE était bien né. Qu’il était non seulement léger, mais aussi parfaitement équilibré.

Après les réglages habituels, c’est donc confiant que je suis parti dans les collines faire mon premier vrai tour de test. Il faut dire que mis à part les pneus un peu trop légers pour un terrain de jeu provençal, le reste est clairement au niveau du cadre et de la motorisation. Avec une mention spéciale à la fourche Fox 36 Performance 2021, déjà tellement efficace avec ses réglages de base !

 

Comportement du moteur

Pour moi, c’est le point essentiel de la nouvelle motorisation EP8. Afin de garantir une sensation de pédalage naturel, Shimano a sérieusement amélioré le logiciel de son nouveau modèle. Pour ce faire, il a fallu repenser le fonctionnement et la personnalisation des 3 modes d’assistance. Ainsi, le plus puissant, à savoir le Boost, peut désormais délivrer un couple maximal de 85 Nm sans que le pilote n’ait besoin de forcer outre mesure.

Le mode Trail peut lui aussi atteindre les 85 Nm, mais il est bien plus réactif en fonction de la force exercée sur les pédales. Il est ainsi possible d’économiser l’autonomie de la batterie avec un couple faible, ou au contraire de disposer d’une puissance maximale et d’un couple de 85 Nm dès lors que le pilote délivre 60 Nm. Soit nettement plus tôt que sur la précédente version. Et c’est cet algorithme de ratio d’assistance intelligent qui rend le mode Trail bien plus polyvalent. Qui fait aussi que l’on peut se passer de changer de mode d’assistance sur une grande majorité de parcours. A ce titre, et toutes proportions gardées, on se rapproche pas mal du mode e-MTB de Bosch. Il suffit juste de se pencher sur les réglages, de bien paramétrer son assistance (comme expliqué plus loin), et… ça marche ! Quant au mode Eco, sa plage d’utilisation est un peu plus large et il peut servir en phase d’échauffement, lors d’un entraînement pour les pilotes les plus sportifs, ou simplement à l’occasion d’une sortie qui mêle VTTAE et VTT sans assistance. Et là encore, dans ce cas de figure, le poids réduit du R.X 375 et son côté dynamique lui permettent de rester relativement performant, même avec une assistance réduite ou carrément sur Off, où il s’en sort aussi plutôt bien.

 

Comment ça marche ?

Via l’application E-Tube Project (version 4.0), tous ces modes sont entièrement personnalisables, aussi bien chez vous que pendant votre balade à l’aide de votre smartphone. Cela permet à l’utilisateur d’adapter le système à son niveau, comme aux terrains sur lesquels il évolue. Ainsi, les modes Eco, Trail et Boost peuvent être personnalisés chacun sur 10 niveaux différents, alors que le couple moteur peut être réglé au choix entre 20 et 85 Nm.

Il existe également 5 paramétrages possibles du mode de démarrage de l’assistance qui peuvent tous être enregistrés sous différents profils d’utilisateurs et pour différents types de sorties, comme par exemple une simple rando ou une séance engagée sur terrain très accidenté. Toutes ces informations peuvent être sauvegardées en tant que préférences dans le profil du pilote, avec un mode rando qui permet d’économiser davantage la batterie et un mode performance plus adapté aux terrains techniques et pentus. L’utilisateur peut ainsi basculer facilement d’un mode à l’autre via l’écran de contrôle.

 

À la montée

Ce qui surprend le plus avec ce R.X375, c’est qu’il se comporte comme un VTT sans moteur… C’est-à-dire qu’il possède un dynamisme assez extraordinaire et une capacité de franchissement assez bluffante. Non seulement il est très facile à mettre sur la roue arrière dès que l’on a besoin de survoler un obstacle ou de monter une marche, mais en plus, il est stable. A ce titre, on peut le comparer au Lapierre Overvolt GLP2 Team testé il y a presque un an et qui m’avait agréablement surpris par son comportement exceptionnel en montée. Comme ce dernier, le Rotwild ne se cabre jamais inopinément, mais en revanche, la roue avant se lève facilement dès qu’on le souhaite… Cela paraît logique comme ça, mais cependant, sur certains VTTAE, il arrive que ce soit l’inverse qui se produise !

Bien sûr, les roues de 29 pouces, les suspensions irréprochables et la rigidité du cadre full carbone aident le vélo à se comporter de la sorte, mais quand même, on sent bien que le positionnement du poids supplémentaire embarqué et la géométrie quasiment parfaite sont le fruit d’un vrai travail de recherche et de développement autour de la nouvelle motorisation Shimano EP8. Avec l’idée de tirer le maximum du potentiel de l’ensemble.

En effet, dès que l’on aborde les passages techniques les plus délicats – surtout l’hiver avec l’humidité – la sensation de stabilité et la qualité de la motricité sont telles que le pilote prend davantage confiance en lui et en vient parfois à se surpasser. Il faut dire aussi que l’excellent fonctionnement du moteur en mode Trail n’est pas le dernier à vous donner des ailes. Comme si l’on avait l’impression qu’il allait vous assister jusqu’au bout sans faillir. Qu’il suffisait d’appuyer à chaque fois un peu plus sur les pédales pour en avoir encore… Ou simplement de tourner les jambes à une vitesse plus élevée pour s’envoler dès que la pente est moins raide.

C’est bien simple, même si parfois cela demande un poil plus d’engagement physique, j’ai effectué quasiment toutes les montées techniques de mes différents parcours sur le mode Trail en oubliant volontairement le Boost. C’est vraiment de cette façon qu’il est possible d’aller très vite et que l’on peut éventuellement distancer les collègues quand on se tire la bourre pour rigoler.

Personnellement, j’ai senti le binôme Rotwild R.X375 et moteur EP8 largement au niveau de mes deux références actuelles en montée, à savoir le Lapierre GLP2 Team déjà cité et le Moustache Samedi Trail 10 2021 (à l’essai en ce moment même)… équipés tous les deux, rappelons-le, du Bosch Performance Line CX Gen4.

Il est d’ailleurs intéressant de souligner que ces deux VTTAE équipés d’une batterie de 500 Wh pour l’un (Lapierre) et d’une de 625 Wh pour l’autre (Moustache), pèsent respectivement deux et trois kilos de plus que le Rotwild et son petit accu de 375 Wh. En gros, ils sont donc là, les kilos gagnés… La question étant maintenant de savoir si le nouveau moteur Shimano EP8 tiendrait la comparaison avec le Bosch sur un châssis plus lourd. Patience, la réponse ne devrait pas tarder, je suis sur le dossier ! 😉

 

En descente

S’il est désormais reconnu que l’on s’amuse aussi énormément en montée au guidon d’un VTTAE, ce n’est pas pour cela qu’il faut négliger le comportement en descente. L’essence même du mountain bike, qui remonte à l’époque où les pionniers de ce sport sillonnaient les pistes du Mont Tamalpais, situé au nord de San Francisco, sur leurs vélos “urbains” à gros pneus et guidon relevé. C’était à la fin des années 1970 et on ne parlait pas encore de suspensions ni de freins à disque… Et encore moins de moteur et d’assistance électrique.

Aujourd’hui, grâce à son poids supplémentaire situé autour du boîtier de pédalier, le VTTAE possède l’avantage de mettre son pilote en confiance. D’avoir une meilleure stabilité que sur un VTT classique, qui, du coup, aide à progresser. Cependant, plus les années passent et plus les modèles évoluent. Plus le poids diminue et la répartition des masses devient plus judicieuse. Pour arriver enfin, en 2021, à un Rotwild de 19 kilos qui a la particularité de conserver ce fameux côté sécurisant que l’on apprécie tous, mais aussi d’afficher un tempérament joueur, dynamique et nerveux, digne d’un modèle sans assistance.

Il y a cinq ans, Rocky Mountain avait placé la barre assez haut avec son Altitude Powerplay. Un VTTAE bien né et très à l’aise en descente. Puis, l’an dernier, c’est Lapierre qui a encore fait avancer les choses, grâce au GLP2 développé par le décuple Champion du Monde de DH, Nicolas Vouilloz… Mais là, en découvrant les qualités de ce R.X375 dans le dénivelé négatif, j’avoue que je n’en suis pas revenu. Mais il faut me comprendre. En effet, depuis presque dix ans, j’avais l’habitude d’essayer des VTT à assistance électrique venus d’outre-Rhin dont la géométrie et la philosophie de base étaient parfois à des kilomètres de ce que j’attendais pour m’amuser sur mes sentiers favoris du Var… Et là, d’un coup, sans m’y attendre, je me retrouve au guidon d’un bike allemand qui aurait pu être dessiné par des Canadiens, voire conçu par une légende du VTT français !

Un petit Rotwild qui se comporte à merveille aussi bien dans les chemins rapides et les grandes courbes que l’on prend à fond sur l’angle que dans les sentiers de chèvres – que j’affectionne beaucoup -, mais où le vélo à intérêt à être maniable et joueur, sous peine de condamner son pilote à subir plus qu’à prendre du plaisir. Bref, quelque chose de vivant, mais dans le bon sens du terme. Pas du genre à vivre en gigotant de l’arrière ou en guidonnant de l’avant. Non, un engin marrant, certes, mais particulièrement sain. Bon, bien sûr, les pneus Schwalbe Nobby Nic d’origine – inadaptés pour le type de terrain sur lequel j’évolue – n’ont pas fait long feu, mais c’est bien le seul petit défaut que j’ai finalement trouvé sur ce VTTAE novateur.

Aidé par une fourche Fox 36 Performance 2021 irréprochable, un système de suspension arrière parfaitement en phase avec l’amortisseur Float Evol spécifique E-Bike et des freins Magura MT5 à la fois puissants et progressifs, le Rotwild R.X375 Core s’est donc révélé à la hauteur de mes attentes – qui étaient pourtant particulièrement élevées avant d’attaquer cet essai… Au final, et je n’ai pas honte de le dire, c’est tout simplement un coup de cœur qui s’est transformé en coup de foudre.

 

Autonomie

Avec un vélo de type poids plume et un pilote pas trop lourd non plus (69 kilos pour 1,80 m), on gagne forcément des watts en autonomie. Mais avec une batterie de 375 Wh seulement, la première question que l’on se pose, c’est de savoir combien de temps on va bien pouvoir faire du vélo avant de tomber en panne “sèche” !

Eh bien j’avoue qu’à ce niveau-là, j’ai de nouveau été bluffé. En effet, après avoir roulé de nombreuses fois sur des parcours de moins de deux heures (confinement oblige), fin novembre, j’ai profité de l’autorisation qui nous était donnée de pouvoir partir plus loin et plus longtemps pour effectuer une belle sortie variée et aller au bout de la batterie…

C’est ainsi que j’ai pu mesurer vraiment l’autonomie assez intéressante du R.X375 et ses capacités à vous emmener relativement loin – y compris sur le profil le plus sportif réglé à 85 Nm. Et en effectuant cette balade à 15 % sur Off, 50 % en mode Eco et 35 % en Trail sur les montées les plus techniques, j’ai roulé 2h35 (sans m’arrêter), monté 1 025 m de dénivelé positif et parcouru 39 kilomètres. De quoi se passer d’une plus grosse batterie la majeure partie du temps… Tout du moins pour une utilisation qui correspond à la grande majorité des pratiquants, exception faite, évidemment, des amateurs de raids au long cours. Mais pour l’instant, si l’on s’en tient aux faits, au concret, le Rotwild R.X375 est tout simplement le premier représentant d’une nouvelle race de VTTAE.

Enfin, si l’on ajoute à tout cela que la batterie pèse moins de 2 kg et qu’elle se démonte extrêmement facilement, on imagine tout de suite la facilité d’en placer une autre à l’intérieur d’un sac à dos, ou même de la laisser à disposition sur un point de ravitaillement du parcours… Ainsi, c’est plus de 80 km de chemins et plus de 2 000 m de dénivelé positif qui “s’offrent” au vététiste randonneur – si j’ose m’exprimer ainsi -, puisque cela alourdit tout de même la facture de plus de 700 euros !

 

 

Qu’en penser ?

Même si j’ai un peu l’impression d’avoir tout dit et de m’être livré parfois à des commentaires que l’on pourrait qualifier de dithyrambiques, je voudrais préciser néanmoins qu’en toute honnêteté, je persiste et je signe…

Oui, le Rotwild R.X375 est vraiment un excellent VTTAE. Oui, il possède ce je ne sais quoi en plus qui a le pouvoir de vous séduire immédiatement. Oui, il sait conjuguer avec talent les nombreux avantages du VTTAE sans en avoir les petits inconvénients. Et oui, pour la grande majorité de mes sorties en vrai tout-terrain, j’ai su m’adapter à son autonomie réduite sans que cela vienne freiner mon enthousiasme ni atténuer mes acclamations !

Alors c’est vrai, si l’on désire partir pour une randonnée de quatre ou cinq heures, il faudra prévoir d’investir dans un accu additionnel et le transporter dans un sac à dos.

Mais hormis cette contrainte qu’il est impossible d’ignorer, quel bonheur de rouler en montée comme en descente avec la sensation de piloter un VTT léger, maniable, vif et joueur, qui ne semble avoir une assistance électrique qu’au seul moment où l’on en a besoin.

Alors bien sûr, ce bonheur a un prix et j’avoue que devoir débourser 6 999 euros pour s’offrir le modèle le plus abordable de la gamme n’est pas donné à tout le monde. Les VTTAE dits “light”, avec leur cadre en carbone et leurs composants haut de gamme, sont effectivement bien chers et le rêve est loin d’être à la portée de toutes les bourses.

Malheureusement, en 2021, c’est le tarif… Reste plus qu’à espérer, que, dans les années à venir, les progrès sur le poids des batteries et de la motorisation permettent aux constructeurs de proposer des VTTAE avec cadre en aluminium en-dessous des 20 kilos et à moins de 5 000 euros. Car nous ne sommes aujourd’hui qu’au début de l’ère de l’assistance électrique et à la vitesse incroyable où la technologie progresse, tout est possible !

 

Points forts

+ Géométrie

+ Finition

+ Suspensions

+ Polyvalence

+ Confort

+ Dynamisme

+ Moteur Shimano EP8

Points faibles

Pneus d’origine inadaptés

Prix de la batterie additionnelle

Autonomie forcément plus réduite

 

Vis-à-vis de la concurrence ?

Un concurrent de plus pour le Lapierre e-Zesty, le Specialized Turbo Levo SL et l’Orbea Rise ? Oui, si l’on veut… Mais en utilisant le profil éco du nouveau moteur Shimano EP8 réglé sur 60 Nm, alors ! Car autrement, en “full power”, le Rotwild R.X 375 vient carrément se frotter aux meilleurs VTTAE du marché équipés d’une motorisation classique. On parle là du Lapierre Overvolt GLP2 Team, du Moustache Samedi Trail 10, du Specialized Turbo Levo Expert, de l’Orbea Wild FS ou du Rocky Mountain Instinct Powerplay BC… Rien que ça !

 

 

La gamme Rotwild R.X375

Du côté du Rotwild R.X375, trois modèles sont au catalogue. Outre le Core de notre test, le plus abordable (6 999 euros quand même), on trouve également le Pro un peu mieux équipé à 8 499 euros et l’Ultra, un haut de gamme équipé full XTR, Fox Kashima et roues DT Swiss carbone au tarif exorbitant de 11 499 euros.

Enfin, pour ceux qui ont une pratique plus engagée, dans le même esprit, Rotwild propose le R.E 375, un enduro en 170 mm de débattement AV et AR avec un système de suspension légèrement différent. Pour ce modèle, il vous en coûtera 7 499 euros pour le Core et 8 999 euros pour le Pro.

 

 

Action !

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