Pour 2021, Orbea débarque avec le Rise, un tout nouveau VTT à assistance électrique légère équipé d’un moteur Shimano EP8 dont le couple et la puissance ont été revus à la baisse. Cadre carbone, poids plume, look réussi, ce modèle Trail qui revendique à 100 % l’appellation hybride se veut proche du comportement d’un VTT classique, au pédalage comme en pilotage. A l’occasion d’une présentation personnalisée, nous avons eu la chance de pouvoir réaliser une rapide prise en main de la bête… Impressions.
Orbea Rise
- Usage Trail et randonnée sportive
- Roues de 29 pouces
- Débattement 150 AV/140 AR
- Cadre en carbone
- Reach 450 mm et Stack 613 mm en taille M, offset (déport de fourche) 41 mm
- Motorisation Shimano EP8 RS Concept 250 watts, 60 Nm
- Batterie de 360 Wh (+ batterie additionnelle de 252 Wh en option)
- Console et commande : Shimano E7000 et console E8000 en option
- Modes d’assistance : 3 (Eco, Trail, Boost) sur deux profils différents,
- + assistance à la marche
- Système E-Tube téléchargeable sur smartphone
- Pneus Maxxis Dissector/Rekon 29×2.40
- Tailles (S, M, L, XL)
- 4 modèles entre 5999 et 9899 €
- Prix du modèle testé : Rise M-LTD 9899 €
- Poids vérifié : 16,50 kg (sans pédales, en taille M)
- Disponibilité début décembre
Le concept
Après la sortie du Lapierre eZesty il y a deux ans et celle du Specialized Turbo Levo SL cette année, en 2021, c’est désormais Orbea qui choisit de s’engouffrer dans la brèche de l’assistance au pédalage légère. Un type de VTTAE, qui, pour l’instant, peine un peu à trouver son public, mais dont le concept a pourtant de quoi séduire un grand nombre de pratiquants… Surtout parmi ceux qui continuent – pour l’instant – à rouler sur des VTT sans moteur. Mais avec cette nouvelle race d’engins, plus légers et bien plus proches d’un vélo classique dans le comportement sur le terrain, il y a vraiment de quoi céder au chant des sirènes de l’électrique !
Partant de ce principe, Orbea s’est attelé à l’élaboration d’un projet impliquant à la fois les designers maison des modèles comme l’Oiz ou l’Occam et le motoriste Shimano. L’idée étant de proposer une assistance douce et naturelle qui se rapproche le plus possible des sensations de pédalage que l’on trouve sur un VTT classique.
Cette collaboration exceptionnelle entre le fabricant espagnol, qui développe son propre système électronique, et le géant japonais, qui se concentre sur une version conforme aux spécifications demandées par Orbea, a donné naissance au Ride Synergy Concept dont la marque espagnole possède l’exclusivité pendant un an. Celui-ci s’appuie sur le nouveau moteur Shimano EP8 – qui a encore gagné 400 grammes par rapport à l’ancien modèle – en proposant une version moins puissante au couple de 60 Nm seulement, contre 85 Nm sur le modèle classique. Partant de là, il était nécessaire de se pencher sur l’élaboration d’un cadre spécifique qui permettrait d’offrir au consommateur un produit au poids et à l’autonomie raisonnables parfaitement en accord avec la philosophie de cette motorisation particulière. D’essayer de trouver la solution idéale pour qu’une assistance électrique plus subtile donne au final un VTTAE plus mobile. Vaste tâche…
La réalisation
C’est donc sur les bases de l’Occam, le fameux All Mountain en 29 pouces de la marque, que les ingénieurs sont partis pour tenter de s’approcher au maximum de leur projet initial. Ils ont ainsi cherché des solutions pour intégrer le moteur EP8 et une batterie de 360 Wh de la plus efficace des manières, en finissant par placer l’ensemble de façon à ce que la répartition des masses soit la meilleure possible.
Ensuite, pour respecter les critères de poids, de dynamisme et de consommation, le choix du 100 % carbone s’est forcément imposé pour l’intégralité des quatre modèles de la gamme. Et même si la facture s’en trouve forcément un peu alourdie, le résultat est assez impressionnant, avec un cadre full carbone équipé d’une biellette en aluminium qui pèse seulement 2,3 kg sans amortisseur.
De même, au niveau visuel, avec son tube diagonal qui épouse au plus près les formes de la batterie, l’ensemble est particulièrement homogène et il faut vraiment y regarder à deux fois pour s’apercevoir que l’on est en présence d’un e-bike… En plus, la commande de mode et la console Shimano plutôt minimalistes, tout comme l’emplacement très discret de la prise de recharge (équipée d’un capot étanche) et celui de l’interrupteur On/Off, aident visuellement à nous faire oublier que nous avons affaire à un VTT à assistance électrique. En tout cas, si la volonté d’Orbea était que le ramage se rapporte au plumage, c’est déjà très réussi !
Le résultat
Sur le papier, au niveau de la géométrie, avec une fourche Fox 36 de 150 mm de débattement, on se retrouve face à un VTTAE avec un angle de fourche de 65,5° et un angle de tube de selle à 76,5°, dont la longueur des bases est de 445 mm et l’empattement de 1194 mm en taille M.
Le modèle M-Team de notre prise en main est affiché à un poids record de 16,5 kg, les autres Rise se situant dans une fourchette entre 17 et 18 kilos.
Avec une assistance Shimano EP8 RS programmée différemment qui bénéficie de moins de couple et d’une puissance plus limitée, il est indispensable de pouvoir mouliner un minimum pour en tirer le meilleur parti. Ainsi, Orbea a opté pour monter d’origine un plateau e- Thirteen de 32 dents au lieu d’un 34 généralement plus courant sur les VTTAE. Un bon choix, qui, couplé à la cassette Shimano 12 vitesses 10/51, devrait permettre de grimper des pentes très raides en dépit d’une assistance plus réduite.
Enfin, si Orbea a privilégié un poste de pilotage épuré, il est néanmoins possible de disposer en option d’une console Shimano au guidon. Dans un autre registre, il existe également une interface possible entre le RS EP8 et les différents displays Garmin. A noter que sur tous les modèles, outre de nombreuses couleurs différentes, il est possible de choisir également entre une fourche Fox 36 en 150 mm de débattement ou une 34 en 140 (plus légère)… et un pneu Maxxis Rekon à l’avant – plus léger lui aussi – à la place du Dissector.
Prise en main
C’est dans le Gard, sur les terres de mon collègue Simon André, entre Uzès et Alès, qu’Orbea m’a convié pour cette présentation du Rise. Un terrain au profil adapté à ce type de VTTAE et dont la nature du sol se rapproche de ce que j’ai l’habitude de trouver chez moi, c’est-à-dire de la pierre et des cailloux roulants… Je ne serai donc pas dépaysé !
Prise en main
Sur la première boucle, j’ai décidé d’utiliser le profil 1, celui qui offre l’assistance la plus douce et qui permet d’aller le plus loin possible en autonomie.
Grâce à la batterie additionnelle qui se fixe très facilement sur le porte-bidon et se branche sur la prise de recharge, en disposant de 612 Wh, en mode Eco, Orbea annonce quasiment 4000 m de dénivelé positif et pas loin de 8 heures de ride… Je n’irai pas jusque- là.
Avec son poids plume et son cadre carbone, le vélo pédale bien et même avec le moteur sur Off, on ne sent aucune résistance. Un rendement plus que correct, donc, qui laisse entrevoir effectivement de belles perspectives pour les longues sorties. Car sur ce genre de VTT à assistance électrique, en dépit d’une batterie de 360 Wh seulement (sans le Range Extender de 252 Wh), la puissance et le couple moindres associés à la légèreté de l’ensemble, permettent quasiment d’arriver à une autonomie équivalente à celle d’une 500 Wh sur un vélo à assistance électrique classique. C’est ce qu’indique Orbea (un poil plus, même), mais c’est aussi ce que j’ai pu constater lors du test d’un autre VTTAE du même genre sorti au printemps dernier…
Bien sûr, avec le profil 1, il ne faut pas s’attendre à des performances extraordinaires et même si le mode Boost offre de quoi grimper des pentes relativement raides, ça ne va pas bien vite et il faut tout de même une bonne technique de pilotage dans les évolutions à basse vitesse et un bon équilibre pour franchir les obstacles qui jalonnent la pente. En gros, il faut sacrément mouliner et on comprend mieux pourquoi la marque espagnole a privilégié le montage d’un plateau de 32 dents ! Dans ce contexte, on se rapproche beaucoup des sensations au pédalage que l’on trouve sur un VTT sans moteur… avec néanmoins une petite aide supplémentaire qui est la bienvenue et qui donne la sensation au pilote de disposer physiquement de davantage de watts. Je comparerais donc ce profil à ce que proposait la version 1.0 du petit moulin Fazua Evation, à savoir donner l’impression par moment d’avoir des jambes un poil meilleures. Ni plus, ni moins.
En tout cas, plus ça monte et plus on mouline, plus l’assistance se fait sentir. Ce n’est pas énorme, mais bien qu’il faille quand même se donner physiquement, c’est sensible.
Changement de profil
L’après-midi, le tour sera plus long, plus varié et plus technique. Je décide donc de sélectionner le profil 2 sur la console Shimano afin de voir un peu ce que la version “Ride Synergy” du nouveau EP8 a dans le ventre. Et là, j’avoue que c’est nettement plus ma tasse de thé… Déjà, en Eco, il est possible de s’envoyer de bons petits parcours vallonnés à un rythme un peu plus élevé. Bien sûr, il faut pédaler de manière intensive, mais on est moins “à l’arrêt” que sur l’autre profil, c’est net.
Mais bon, personnellement, c’est en mode Trail que j’ai effectué l’essentiel de la sortie. C’est là que je me suis senti le plus à l’aise sur la majeure partie des sentiers. En clair, il y a une assistance et ça se sent. Moi, j’aime ça, car sinon, quel est l’intérêt de rouler au guidon d’un VTT de ce poids et à ce prix, si ce n’est pour avoir quelque chose en plus ? Comme de disposer d’une légère sensation de vitesse en ayant la possibilité de repousser les limites du franchissable, par exemple.
D’ailleurs, en Boost, et sans avoir une grande habitude du Rise, je me suis quand même attaqué – avec succès – à de belles grimpettes sinueuses et relativement techniques. Sur un terrain fuyant à l’adhérence précaire et en dépit d’un pneu arrière Maxxis Rekon inadapté, j’ai su trouver suffisamment de motricité tout en évitant les cabrages intempestifs pour arriver en haut sans mettre pied à terre… Ceci prouve que la géométrie du Rise est réussie et que le fonctionnement de la suspension (une fois réglée convenablement) absorbe comme il faut toutes les petites imperfections du terrain.
Et la descente ?
Bon, on ne va pas se mentir, je n’ai pas aimé le montage d’un pneu Maxxis Dissector plutôt préconisé pour l’arrière… à l’avant ! Sur ce type de sol typé Sud-Est, pour davantage de précision, j’aurais nettement préféré des crampons un peu plus hauts, une carcasse plus rigide et une gomme plus tendre. Mais bon, on s’adapte et sur des terrains plus meubles avec davantage de grip, je suis certain que ça peut passer. En tout cas, si l’on fait abstraction des pneus (je sais, ce n’est pas facile !), le travail des suspensions et l’équilibre du vélo m’ont paru très satisfaisants. Tout comme la tenue de piste à grande vitesse. En plus, cela ne se fait pas au détriment de la maniabilité et en taille M (pour 1,80 m, c’est selon moi le choix de taille le plus judicieux), le petit Rise s’est avéré facile à placer dans les courbes et capable de se faufiler allègrement dans les enchaînements sinueux. En revanche, je ne l’ai pas trouvé très joueur ni vraiment vif. À son guidon, il est impératif d’amplifier le geste si l’on souhaite tirer un bunny-up ou se mettre en manual pour avaler une succession de bosses.
Alors je sais, ce n’est pas forcément ce que la majorité des pratiquants attend d’un VTTAE de Trail destiné à une pratique en randonnée sportive. Mais en descente, si l’on a la technique pour le faire, ça aide pourtant bien à compenser des débattements plus réduits !
À revoir donc dans d’autres conditions, avec des pneumatiques et des réglages différents.
Qu’en penser ?
On ne peut évidemment que saluer l’arrivée d’une marque dynamique comme Orbea sur le marché du VTT à assistance légère. Pour un coup d’essai, le Rise semble vraiment réussi et son gabarit – qui n’est pas sans rappeler celui d’un VTTAE d’une autre marque dans cette catégorie – nous a séduits autant par son look que par ses qualités sur le terrain. Alors évidemment, comme c’est le cas pour la (faible) concurrence, les tarifs peuvent faire tiquer et inciter le consommateur à se poser cette question : est-ce bien raisonnable de payer plus cher pour en avoir moins…?
Ce à quoi j’aurais tendance à répondre que disposer d’un objet différent n’est pas forcément négatif, bien au contraire ! Nous aurons d’ailleurs l’occasion d’en reparler prochainement à l’occasion d’un test plus complet et approfondi…
Vis-à-vis de la concurrence ?
Concernant ce type de VTTAE sportif à assistance légère, il est assez facile pour l’instant de faire le tour de la question… Hormis Lapierre avec son eZesty et le Turbo Levo SL de chez Specialized, c’est un euphémisme de dire que les autres marques ne se bousculent pas au portillon pour proposer des vélos de ce type. Par conséquent, je ne saurais trop vous conseiller d’aller jeter un œil sur le face-à-face eZesty/Levo SL paru cet été sur VTTAE.fr… Vous y trouverez forcément les réponses à vos questions et pourrez également confronter les résultats du comparatif avec mes premières impressions concernant l’Orbea Rise.
La gamme…
Il y aura quatre modèles de l’Orbea Rise disponibles sur le marché. Ceux-ci seront tous équipés du même cadre en carbone, mais montés avec des composants un peu moins prestigieux (mais pas beaucoup) au fur et à mesure que le tarif descend… A 5999 euros, on trouve le M20 avec sa fourche Fox 34 Performance, sa transmission Shimano SLX et ses freins MT 610. Le M10, lui, est équipé de suspensions Fox Factory Kashima (fourche 36 Grip2) et d’un ensemble freins/transmission Shimano XT pour un tarif affiché à 7599 euros… Ensuite vient le M-Team à 8999 euros avec sa tige de selle télescopique Fox Transfer et son groupe XTR. Enfin, tout en haut du tableau, se situe le Rise M-LTD de notre prise en main à 9899 euros, qui représente la machine ultime de cette gamme à assistance légère.