Au top quand ça descend, moins quand ça monte !
Avec son châssis remodelé autour du nouveau bloc moteur SyncDrive Pro3 plus performant, sa géométrie ultra modulable et ses débattement accrus, le Giant Reign Advanced E+ version 2026 n’a plus grand-chose à voir avec l’ancien modèle. On serait même tenté de dire qu’il pourrait bien donner à Giant l’opportunité de rattraper le temps perdu face à une concurrence qui ne s’est pas endormie. En tout cas, sur le papier, il semblerait que les choix soient pertinents et les chiffres intéressants. Mais une fois en action, si le vélo s’est montré irréprochable en descente, les capacités du moteur, en revanche, nous ont laissé un petit peu sur notre faim… Sur des “Power Stage” en montée, pour un VTTAE d’enduro, en clair, il en manque un peu partout et ça ne pardonne pas ! On vous explique tout ça en détail.
Par Chris Caprin, Photos Chris Cap et Fagerbe

Giant Reign Advanced E+ 1
- Usage all moutain/enduro
- Roues de 29 pouces AV et 27,5 AR
- Débattement 180 mm AV et 170 mm AR
- Cadre en carbone Advanced, biellette en composite, suspension Maestro
- Reach 456 mm et Stack 656 mm en taille M, offset (déport de fourche) 44 mm
- Motorisation Giant SyncDrive Pro3 250 watts, 90 Nm, assistance maxi en crête 865 watts, support maxi 400 %
- Nombre de modes : 5 (Eco, Tour, Active, Sport, Power) + Smart Assist (Auto) et assistance à la marche
- Commande et console : Ride Control Ergo 4 au guidon et console Ride Control GO Lux intégrée dans le top tube
- Batterie Giant EnergyPak Smart de 560 Wh + Range Extender de 280 Wh (en option, sauf sur le modèle haut de gamme)
- Réglages : application RideControl App
- Pneus Maxxis Assegai 29×2.50 et Minion DHR II Double Down 27,5×2.40
- 4 tailles (S, M, L, XL)
- Prix du modèle testé : 8 500 euros
- 3 modèles en carbone à 7 500, 8 500 et 11 500 €
- Poids vérifié : 23 kg (en taille M)
Avec l’arrivée sur le marché du moteur DJI Avinox et les réactions qui ont suivi de la part de Bosch et de Specialized, il était temps pour Giant de proposer un nouveau système d’assistance au goût du jour. Et avec la sortie du Reign Advanced E+ 2026, on a non seulement une motorisation SyncDrive Pro version 3 plus performante, mais aussi un châssis en carbone dédié à l’enduro qui a considérablement évolué.






En effet, le fameux système de suspension Maestro, intègre désormais une nouvelle biellette inférieure en composite qui traverse le cadre au-dessus du moteur et permet d’augmenter le débattement arrière en passant à 170 mm. Et si l’on ajoute à cela une fourche de 180, on nous promet le meilleur VTTAE en descente jamais conçus par Giant !
Mais ce n’est pas tout… La géométrie aussi a évolué et devient modulable au niveau du jeu de direction et de la biellette supérieure. Les deux systèmes offrent le choix de trois positions différentes qui permettent de changer le comportement du vélo en fonction du terrain et du type de pratique du pilote.

Enfin, pour un meilleur équilibre, un travail a été fait sur la répartition des masses, avec, entre autres, le choix d’une batterie plus petite positionnée au plus bas dans le tube diagonal. Cela devrait rendre ce Giant plus vif et plus joueur que les modèles précédents, toujours un peu patauds. Le design est réussi, les lignes sont sobres, la finition soignée et technologiquement, on est vraiment sur des solutions au goût du jour… Sur le papier, tout semble donc réuni pour disposer d’un super VTTAE d’enduro. Alors, le Giant Reign Advanced E+ tiendra-t-il ses promesses sur le terrain ? C’est ce que nous allons voir !
Composants
Vu le tarif du Reign Advanced E+1, on est sur du très bon milieu de gamme et pour 8 500 euros, honnêtement, difficile de faire beaucoup mieux… D’ailleurs, la fourche Fox 38 Performance bénéficie de la cartouche GripX2 et le nouvel amortisseur Float X – qui a toujours bien fonctionné sur les Giant – est présent sur les trois modèles carbone de la gamme… Mais nous y reviendrons !
Outre les suspensions Fox Performance, du côté de la transmission on a du T-Type mécanique, avec un dérailleur Sram Eagle 90 T-Type et sa manette à la fois précise et ergonomique, alors que le freinage est lui confié à un ensemble TRP à peu près cohérent pour le programme enduro/DH du bike. Quant à la tige de selle Giant Contact Switch, c’est une de 170 mm de débattement en taille M, très douce et qui semble bien fonctionner… Elle est équipée d’une selle Giant Romero Neutral, confortable, un peu dans l’esprit d’une WTB Silverado que l’on trouve sur les Santa Cruz et les Yeti et que j’aime bien.
Pour le poste de pilotage, avec une potence en 35 mm de long et un cintre de 35 mm de diamètre (800 de largeur) en aluminium siglés Giant, on est sur du basique également, alors que du côté du train roulant, on trouve une bonne paire de roues Giant E-Tra de 30 mm en alu, chaussées de pneus Maxxis Assegai EXO + 29×2.50 à l’avant et Minion DHR II Double Down 27,5×2.40 à l’arrière. Un ensemble adapté à un programme enduro engagé, même si un Double Down à l’avant n’aurait pas été du luxe sur un gros VTTAE de ce type.







Suspensions
Côté suspensions, comme sur le modèle le plus haut de gamme, Giant fait confiance à Fox et le nouveau Reign E+ 1 est équipé d’une fourche 38 Performance avec cartouche GripX2 à l’avant, tandis que la suspension arrière bénéficie d’un amortisseur Fox Float X Performance Evol avec plus de volume d’air.
Sur ce modèle et contrairement au E+ 0, l’évolution du système Maestro s’appuie donc sur un amorto plus simple (et plus fiable ?) que le Float X2. En tout cas, le résultat est positif et sur le terrain, rien à redire, ça fonctionne !



Pour un pilote de 70 kilos et après avoir bien cherché pour obtenir ce que je souhaitais en géométrie (angle de chasse avec coupelle droite, bases longues et Flip Chip en Low), voici les réglages que je préconise pour ce vélo…
Fourche Fox 38 Performance Elite GripX2 180 :
- 60 psi en pression d’air et une cale dans le plongeur gauche pour un Sag autour de 25 %.
- Compression basses vitesses : + 14 du plus fermé (sur 16 clics)
- Compression hautes vitesses : + 7 du plus fermé (sur 8 clics)
- Rebond basses vitesses : + 12 du plus fermé (sur 16 clics)
- Rebond hautes vitesses : + 7 du plus fermé (sur 8 clics)
Amortisseur Fox Float X Performance Evol 170 :
- Rebond : + 5 du plus fermé (sur 12 clics)
- 155 psi de pression d’air pour un Sag de 30 %
- Compression hautes vitesses : ouvert
Moteur et batterie
Le SyncDrive Pro3 fonctionne sous une tension de 48 volts. Avec une tension supérieure aux moteurs de 36 volts, ce nouveau moteur permet de faire circuler la même puissance avec une intensité moins élevée. Ce qui a pour effet de limiter les risques de chauffe face à une assistance plus importante. Il permet d’atteindre une puissance en crête de 865 watts et de disposer d’un couple de 90 Nm, qui démultiplie la force du cycliste jusqu’à 400%. Sur le papier, on a donc un soutien nettement supérieur au SyncDrive Pro2. Ajoutons également que le nouveau moteur est équipé d’un sabot de protection robuste en magnésium et qu’il pèse seulement 2.6 kg.




Côté batterie, on trouve un nouvel élément intégré de 560Wh, avec, en option sur les deux premiers modèles de la gamme, un Range Extender EnergyPak Plus de 280 Wh. Composée des cellules Panasonic 22700 de dernière génération, cette nouvelle série de batteries maximise l’autonomie à nombre de Wattheures équivalent par rapport à des batteries aux cellules 18650 ou 21700. Giant annonce environ 5 à 10 % d’autonomie supplémentaire, en particulier lors des sollicitations fortes, comme c’est le cas en cas de gros dénivelés, en mode d’assistance maxi ou encore quand le poids du pilote est élevé.
Ajoutons aussi que la nouvelle commande au guidon RideControl Ergo 4 pilote la console Ride Control Go Lux qui est intégré dans le tube supérieur. Celle-ci dispose d’un nouvel écran couleur haute résolution de 2,4 pouces, qui affiche clairement les données essentielles de votre sortie : vitesse, temps, distance et cadence, ainsi que l’état de la batterie, l’autonomie restante et la pression des pneus avant et arrière. Un bouton unique et intuitif permet d’allumer ou d’éteindre facilement le vélo.


Connectivité
Depuis plus d’un an, le système d’assistance au pédalage SyncDrive Pro peut également être paramétré selon les préférences de chacun via l’application Giant Ride Control téléchargeable sur n’importe quel smartphone via Bluetooth. L’utilisateur peut ainsi choisir le pourcentage d’assistance de chaque mode (Eco, Tour, Active, Sport, Power) en fonction de ses goûts personnels. Il peut également effectuer des mises à jour régulièrement, vérifier si le système d’assistance fonctionne correctement et obtenir de nombreuses informations, comme la charge exacte de la batterie au pourcent près, le nombre total de kilomètres effectués, le dénivelé positif, l’historique des parcours ou encore les itinéraires GPS et le nombre de cycles de charge de la batterie effectué.




Sur le terrain
Comportement moteur
Honnêtement, je m’attendais à mieux… Car si l’on sent qu’en mode Sport (le plus “exploitable”), l’assistance est somme toute correcte, c’est finalement avec les sensations au pédalage et la façon de délivrer la puissance que j’ai eu plus de mal. Comme si le couple n’était pas réellement à 90 Nm comme annoncé, que la réponse à l’accélération – même réglée au maximum – était trop faible et que le capteur de pente ne tenait pas assez compte du pourcentage dans le dénivelé positif sérieux.

Par conséquent, dès que l’on s’attaque à du costaud, du raide et du technique en montée, on a du mal à se sentir à l’aise avec le nouveau moteur. Le comportement n’est pas assez fluide, ça manque de coffre, ça a un peu de mal à repartir dans la pente et ça oblige forcément à se battre davantage avec le vélo pour l’emmener au sommet de la difficulté…
En clair, sur le terrain, par rapport aux chiffres annoncés sur la fiche technique, niveau sensation, on est quand même loin du compte… Je m’attendais à un feeling proche d’un Specialized ou d’un Bosch CX avec l’eMTB + et au bout du compte, on n’y est pas vraiment. Tant qu’à sortir une nouvelle version du SyncDrive Pro, sans aller jusqu’à l’escalade dans les performances moteur que propose Avinox en 2026, c’est dommage de ne pas avoir au moins poussé les curseurs un peu plus haut et être ainsi en mesure de rivaliser avec les principaux motoristes concurrents.
De plus, sans parler de puissance maxi en crête astronomique, du côté des sensations, ce n’est pas génial non plus… Comme le couple n’est pas extraordinaire, déjà, il faut mouliner énormément pour aller chercher la puissance. De plus, le mode Power n’étant pas beaucoup plus efficace que le Sport et moins agréable à l’utilisation, j’ai finalement arrêté de m’en servir. Enfin, j’ai cherché – en vain – une véritable prolongation de l’assistance lorsque l’on arrête de pédaler. Pour un modèle 2026, il manque donc quand même pas mal de choses si l’on souhaite faire du vrai enduro en VTTAE, une pratique qui se conjugue aujourd’hui avec de sérieuses aptitudes en montée pour venir à bout des “Power Stage” !
Le nouveau Reign Advanced E + est un tueur en descente, certes, mais comme il est plutôt à l’aise au pédalage dans les montée, c’est vraiment dommage qu’il soit limité par une assistance qui avoue ses limites dès que l’on s’attaque à du costaud dans le dénivelé positif… Alors peut-être que Giant a fait le choix de tout miser sur les performances en descente, sans vraiment se concentrer sur les capacités en montée. Se contentant d’offrir au pratiquant pur “Gravity” un VTTAE dont l’assistance électrique suffira largement à remonter facilement au sommet des pistes permanentes d’un bike park. Malheureusement, ce n’est pas ma définition de l’enduro en e-bike… D’où ma légère déception !
Réglages
Avec sa motorisation Giant Syncdrive Pro3, le Reign E+ nouvelle génération possède une puissance en crête et un couple nettement supérieurs en chiffres, mais qui nécessite à mon avis un ajustement précis des paramètres le plus élevé possible pour donner le maximum d’efficacité au bike en tout-terrain technique… Pour avoir une assistance au mieux, mais sans plus, par rapport à la concurrence, voici les réglages que je préconise…
Eco : 100 % de puissance max et 80 Nm de couple
Tour : 150 % de puissance max et 80 Nm de couple
Active : 200 % de puissance max et 80 Nm de couple
Sport : 300 % de puissance max et 80 Nm de couple
Power : 400 % de puissance max et 90 Nm de couple
Réponse à l’accélération : 7, le maximum sur tous les modes



Autonomie
Avec mes réglages de paramètres des différents modes vitaminé comme j’aime – à savoir utilisable en tout-terrain dans les portions sans grande difficulté (sauf l’Eco, définitivement trop bas).
Côté chiffres, avec la petite batterie de 560 Wh, on est sur du léger, avec 980 m de dénivelé positif, pour 38 km et seulement deux bonnes heures de roulage. C’est quand même vraiment juste et je recommande donc vivement l’achat du Range Extender !
Pour arriver à ces chiffres pas très impressionnants, il est aussi obligatoire de tourner les jambes autour de 100 tr/mn, une bonne gestion de la cadence de pédalage aidant grandement à atteindre ce résultat… Sinon, on pioche davantage dans la batterie, les performances du moteur dégringolent et l’autonomie peu descendre jusqu’à moins 10 % par rapport à ce que j’annonce. Toujours en tout-terrain technique, on est d’accord, pas sur des sentiers ou pistes roulantes.
Je précise également qu’avec le Smart Assist enclenché (un appui long sur la touche du haut de la commande Ride Control Ergo 4), on a une assistance qui en donne plus ou moins en fonction des informations que donnent les six capteurs du moteur. Mais comme tous les systèmes Auto, celui-ci s’est révélé un peu énergivore par rapport à une utilisation manuelle alternée des différents modes. Et avec la petite batterie de 560, on a pas vraiment besoin de ça !
A la montée…
Sur le plat ou dans les montées à faible pourcentage, j’ai trouvé que le nouveau Reign E+ possédait un rendement supérieur. Il pédale plutôt bien, n’est pas trop collé au sol et en mode Active, cela suffit à vous emmener à un bon rythme… De même, sur les sentiers au relief alternant passages roulants, petites bosses et légères descentes, je l’ai trouvé agréable dans les relances et suffisamment nerveux pour maintenir une bonne cadence.

Bien sûr, pour la conserver, il faut pédaler assez fort, mais finalement, l’assistance fait le job sans trop avoir besoin de réfléchir à quelle vitesse il faut tourner les jambes. En clair, le moteur donne de la puissance sur une large plage de cadence de pédalage, et ça, c’est vraiment une bonne chose.
Dès que la pente s’accentue légèrement et que le chemin se fait plus technique, plus cassant, à ce moment-là, il devient nécessaire de passer du mode Active au mode Sport. C’est avec celui-ci que l’on a le meilleur rythme, le bon flow et que l’on en a suffisamment sous la pédale pour donner un coup “d’accélérateur” au moment opportun et ainsi réussir à passer un obstacle du genre pierrier costaud ou grosse marche.
En tout cas, pour un VTTAE très typé enduro, voir DH en bike park, ça fonctionne plutôt bien. Il fait dire qu’avec son triangle arrière particulièrement balèze et la nouvelle biellette qui passe désormais à travers le tube de selle pour venir se fixer autour du pied de l’amortisseur, la rigidité du Reign Adavanced E+ 2026 est en net progrès et même assez impressionnante… Sur le terrain et vu le programme “Gravity” du bike ça donne un vélo plus vif et qui répond bien au coup de pédale. Une bonne surprise.
Mais même si le châssis possède un certain potentiel en montée, là où j’ai trouvé que le nouveau Reign E+ et sa motorisation SyncDrive Pro3 avaient davantage de mal, c’est lorsque la pente devient vraiment raide. Même en se mettant sur Power, on sent que le moteur ne donne pas autant de puissance que sur ceux de la concurrence… Par conséquent, dans les portions techniques avec un fort pourcentage positif, par rapport à d’autres systèmes, on manque régulièrement de vitesse et d’assistance pour conserver le bon rythme. Celui qui vous permet d’arriver en haut sans avoir mis le pied à terre.
A la longue, j’ai tout de même réussi parfois à m’en sortir, mais il faut un peu plus se dépouiller physiquement, travailler sur l’équilibre et davantage maîtriser l’adhérence… Ce qui, au bout d’un certain temps, fini par vous user davantage, surtout en cas d’échec, là où les autres moteurs vous font passer allègrement.

Pour faire simple, il s’en sort bien quand c’est roulant, mais dès que la pente devient très raide, il devient nettement moins performant. C’est un peu dommage, car au niveau du dynamisme, le vélo a fait de sacrés progrès… Comme je l’ai souligné plus tôt, le manque de puissance en crête et de couple sont vraiment les principaux défauts du SyncDrive Pro3 . Surtout, encore une fois, si on le compare à ce qu’il existe aujourd’hui sur le marché.
C’est d’autant plus dommage qu’avec la belle motricité qu’offre la dernière version de la suspension Maestro – renforcée par le montage d’un pneu Maxxis High Roller Double Down à l’arrière – le Reign Advanced E+ se révèle plutôt bon en franchissement. Autrement, j’ai constaté également que si l’on évolue sur des parcours plutôt roulants, vallonnés, avec peu de montées raides, le mode Active et le mode Sport, l’assistance est plutôt efficace. Il permet d’évoluer à une vitesse correcte sans trop taper dans la batterie. A condition – comme on l’a déjà souligner – d’adopter une cadence de pédalage assez élevée…
Enfin, du côté de l’assistance à la marche, pour la mettre en route, il suffit désormais de donner un coup de pouce sur la partie gauche de la barre centrale de la nouvelle commande, d’appuyer sur le bouton du haut (+) et… c’est parti ! Bon, l’assistance n’est pas la plus vigoureuse que j’ai essayée, mais on va dire que ça passe. Un peu limite quand même, mais ça passe. Notez que si l’on arrête d’appuyer sur le bouton, le système reste actif pendant 2 ou 3 secondes. Après, c’est trop tard et il faut recommencer la procédure de départ.
En descente…
Quand la pente s’inverse, j’ai retrouvé les sensations de bases de l’ancien Reign E + mais avec une rigidité supérieure et une suspension Maestro encore plus efficace. En premier lieu, au niveau des sensations, on a donc un côté stable et sécurisant qui donne confiance au pilote et ce, quel que soit son niveau. Il faut dire qu’avec ses 170 mm de débattement à l’arrière et sa fourche en 180, le nouveau modèle encaisse facilement les plus gros chocs, tout cela en parvenant à gommer parfaitement les petites aspérités du sol. Un VTTAE typé, fait pour l’attaque et dévaler les pentes à vitesse grand V !

Et dans les épingles serrées, avec l’angle de fourche de 64,5° que j’ai choisi, il s’en sort également très bien. Alors évidemment, comme le Reign Advanced E + est un vélo qui taille plutôt grand (encore plus que pour d’autres modèles et surtout pour un VTTAE, il est donc important de choisir une taille en dessous de celle que l’on prendrait pour un musculaire) et il sera tout de même plus à son aise sur les pistes d’un bike park ou sur des spéciales d’enduro rapides et cassantes, que sur des sentiers de chèvres… Mais comme on vraiment le choix entre trois positions de hauteur de boîtier et trois d’angle de chasse, pour exploiter au mieux ce Giant, il est judicieux d’essayer celle qui convient le mieux à sa pratique et ses terrains de prédilection !


Bon, il est certain qu’avec la géométrie la plus agressive, il faut davantage forcer pour faire tourner le vélo dans les passages sinueux et les changements d’appuis du genre enfilades droite/gauche… On perd donc en maniabilité ce que l’on gagne en stabilité et dans les montées, inutile de vous dire que ce n’est pas logique du tout. Même avec une roue de 27 et demi à l’arrière, on sent bien que ça manque de dynamise ! Et comme il ne faut pas trop compter sur le moteur pour vous propulser à une bonne vitesse, le bon compromis montée/descente se situe plutôt avec un angle de fourche neutre (63,5°) et un Flip Chip positionné au milieu (342 mm de hauteur de boîtier). Surtout avec des manivelles en 160 un peu trop longues pour un e-bike…
Quoi qu’i en soit, aujourd’hui, avec les nouveaux vélos d’enduro, en descente, j’ai désormais tendance à préférer la formule MX et j’avoue que le Giant Reign Advanced E + m’a conforté dans ce sens. Cear au niveau sensation de pilotage, avec la petite batterie de 560 Wh et la petite roue arrière de 27,5 pouces, on est plus proche du Santa Cruz Bullit que du Mondraker Crafty. Le Reign est donc un VTTAE d’enduro résolument moderne, capable d’affronter des descentes très difficiles et même des pistes permanentes de DH. Surtout lorsque l’on a compris comment le bike fonctionnait et quels réglages de géométrie il fallait utiliser en fonction du style de terrain sur lequel on évolue. On a le choix, il serait donc vraiment dommage de ne pas en profiter…

En tout cas, je peux vous affirmer qu’avec ce Reign Advanced E+ Giant a vraiment réussi son coup en sortant un pur VTTAE d’enduro – proche même d’un DH par certains côtés – qui le classe, certes dans un marché de niche, mais surtout comme peut-être le meilleur de sa catégorie. Un gros VTTAE, rigide, efficace et extrêmement performant en descente, qui, en dépit d’un côté parfois un poil exigeant en pilotage (il faut un peu lui rentrer dedans pour en tirer toute la quintessence), se révèle comme une arme redoutable lorsqu’il s’agit d’envoyer du bois dans la pente négative. De ce côté-là, pas de problème, c’est mission accompli !
Points forts / faibles
Principales qualités
- Capacités en descente
- Géométrie modulable
- Suspension arrière
- Tenue de piste
- Rigidité du châssis
- Composants adaptés à l’enduro
Principaux défauts
- Performances moteur et autonomie
- Un peu exigeant physiquement
- Application pas assez intuitive

Qu’en penser ?
Que ce soit au niveau de idées, de la finition ou des performances, sur le papier, il m’a tout de suite semblé que le nouveau Reign Advanced E+ avait tout pour redorer le blason de Giant sur le secteur de l’enduro en électrique…
Seulement voilà, une fois en selle, à l’attaque des premières montées techniques, j’ai quand même un peu déchanté en ayant du mal à trouver suffisamment de puissance, de couple et même d’agrément au pédalage pour gravir la plupart de mes Power Stage habituelles, incontournables dans la pratique de l’enduro d’aujourd’hui.
Et finalement, même si le Reign E+ ne m’a jamais vraiment empêché de faire ce que j’aime en VTTAE, on va dire que la motorisation ne m’en a pas vraiment donné envie… C’est donc un sentiment mi-figue, mi-raisin qui s’est installé au moment de conclure cet essai.
Très capable en descente avec un comportement quasi irréprochable en termes de suspension arrière, de tenue de piste et de maniabilité, c’est dans les montées techniques que le bât blesse. La faute à un moteur pas assez puissant et coupleux, qui, même en mode Power (c’est-à-dire à fond), ne m’a jamais semblé au niveau des chiffres annoncées au catalogue.
En gros, que ce soit du côté de l’autonomie assez réduite – ce qui, en roulant en assistance maxi les trois quart du temps en vrai tout-terrain n’est pas surprenant – ou de celui des performances réelles en couple et en puissance maxi en crête, a du mal à rivaliser et surtout à suivre les “full power” équipés d’un système d’assistance Bosch, Specialized ou, évidemment Avinox. Comme on dit, il en manque un peu pour faire le compte !
Et ça, en 2026, pour un vrai VTTAE d’enduro, non seulement ça ne pardonne pas, mais c’est même malheureusement rédhibitoire. Bref, le Reign Advanced E + mérite mieux que ça… Et je suis sûr qu’avec une évolution du SyncDrive Pro, Giant est tout à fait en mesure de rectifier le tir !
La gamme Reign Advanced E+
Elle se compose de trois modèles carbone équipés du moteur Syncdrive Pro3 et de sa batterie de 560 Wh.






