Un sacré bon plan…
En observant bien le Mondraker Scree, on constate que l’on a un VTTAE qui se démarque réellement des autres modèles de la gamme, avec un programme trail et un côté très polyvalent particulièrement intéressants… Mieux que ça, grâce à son tarif plutôt raisonnable, son cadre en aluminium en 130 mm de débattement, ses composants de qualité et sa motorisation Bosch CX très performante, une fois sur le terrain, le Scree RR de notre essai s’est vite révélé comme un bon plan. Un sacré bon plan, même, tant les sensations au guidon et le plaisir de pilotage m’ont laissé sans voix… Heureusement, ne plus pouvoir parler n’empêche pas d’écrire ! Alors jetez donc un coup d’œil au texte qui suit pour découvrir en détail ce qui m’a séduit sur ce vélo…
Par Chris Caprin, Photos : Chris Cap et Fagerbé

Mondraker Scree RR
- Usage rando sportive/trail
- Roues de 29 pouces AV et AR
- Débattement 150 AV et 130 AR
- Cadre aluminium Stealth
- Reach 460 mm et Stack 644,6 mm en taille M, offset (déport de fourche) 44 mm
- Motorisation Bosch Performance Line CX New Generation 250 watts, 100 Nm, puissance maxi 750 watts en crête (eMTB+ et Turbo) avec la nouvelle mise à jour
- Batterie Bosch Powertube de 800 ou 600 Wh + Range Extender Powermore 250 Wh (en option)
- Commande et console : Bosch Mini Remote au guidon et Kiox 400C intégrée dans le top tube
- Modes d’assistance : 4 (Tour, eMTB, eMTB+ et Turbo) + assistance à la marche
- Réglages des paramètres : oui, avec l’application e-Bike Flow
- Pneus : Maxxis Dissector EXO + 3C Max Terra 60 TPI 29×2.50 (AV et (AR)
- Tailles : (S, M, M/L, L, XL)
- Quatre modèles à cadre aluminium à 5 199, 5 499, 5 999 et 6 999 euros
- Prix du modèle testé : 6 999 euros
- Poids : 25,30 kg
En ce début d’année 2026, Mondraker nous présentait le Scree, un nouveau VTTAE de trail qui hérite de l’ADN du Crafty, le modèle à assistance électrique le plus emblématique de la marque. L’idée étant de proposer un vélo qui puissent ouvrir facilement les portes de l’univers électrique aux pratiquants qui découvrent l’e-bike ou qui passent d’un VTT musculaire au VTTAE.
Construit avec un cadre en aluminium Stealth, ce modèle assisté par une motorisation Bosch Performance CX full power s’inscrit dans la catégorie des VTTAE très polyvalents, à la fois faciles d’accès, ludiques et performants. De plus, sa bonne répartition des masses devrait permettre d’abaisser le centre de gravité pour offrir une meilleure maîtrise et davantage de confort au pédalage. Les soudures polies du triangle avant soulignent un bel effort sur la finition, tandis que la cinématiqueZero Suspension de dernière génération promet un équilibre optimal entre efficacité en montée et plaisir en descente.



Le Scree vient donc compléter la gamme Mondraker en termes de débattement (130 mm à l’arrière et 150 mm à l’avant), avec des roues de 29 pouces, un écran Bosch Kiox 400C intégré, et une batterie amovible jusqu’à 800 Wh, pour un look qui reste en phase avec le design et la personnalité de la marque.
En gros, le Scree s’inscrit dans la lignée du Crafty de dernière génération, en reprenant ce qui a fait la réputation de ce modèle phare, à savoir une Foward Geometry (top tube plus long et potence courte) qui, aujourd’hui, a inspiré la plupart des constructeurs de VTT. Avec en plus une finition soignée, un look racé immédiatement indentifiable et un nouveau positionnement de l’amortisseur que l’on trouve déjà sur les Crafty, Neat, Dune et Sly apparus au cours de l’année qui vient de s’écouler.
On est donc bien en présence d’un tout nouveau modèle, en témoigne une intégration bien plus travaillée du moteur dans le cadre qui facilite une meilleure répartition des masses embarquées et un travail optimisé de la cinématique Zero Suspension. Grâce à une belle progressivité et une excellente sensibilité sur les petits chocs, cette dernière devrait parfaitement s’accommoder des 130 mm de débattement seulement. Surtout quand on sait qu’avec ce système, on a souvent l’impression en roulant d’en avoir un peu plus.
Côté géométrie, en dépit justement d’un débattement arrière plus réduit, l’ensemble reste très cohérent et surtout, semble particulièrement bien équilibré… J’en veux pour preuves une longueur de bases de 456 mm décente pour une roue de 29 pouces, un tube de selle à 77° qui place bien le pilote en position de pédalage et un angle de chasse pas si ouvert que ça (65,5°), mais qui, avec la fourche en 150 mm de débattement se révèle être finalement un assez bon compromis.
En fait, seule la hauteur considérable de la douille de direction demande d’enlever quelques cales en dessous de la potence pour les mettre au-dessus… Ce n’est pas très esthétique (surtout avec ce jeu de direction), mais sinon, c’est trop haut. Et on ne va pas couper le pivot non plus sur un vélo de test ! Enfin, si avec 340 mm de hauteur de boîtier de pédalier, on est plutôt bien côté équilibre et stabilité, avec des manivelles en 160, en revanche, ça peut toucher un peu par terre de temps en temps dans les montées techniques…

Composants
Malgré le tarif plutôt ajusté de 6 999 euros, on est quand même sur du sérieux… En témoigne la fourche Fox 36 Kashima et sa cartouche GripX2 ou l’amortisseur Float X – Kashima lui aussi… Mais nous y reviendrons !
En effet, outre les suspensions, du côté de la transmission on a du très correct, avec un dérailleur Sram Eagle S-1000 AXS T-Type et sa manette Pod Controler très ergonomique, alors que le freinage est lui confié à un ensemble Sram DB8, certes basique, mais qui ne nous a jamais déçu. Quant à la tige de selle, c’est une X-Fusion Manic de 150 mm de débattement en taille M, très douce et qui semble en plus particulièrement robuste… Elle est équipée d’une selle Ergon SMC 10, un classique du genre pour le VTT à assistance électrique.
Pour le poste de pilotage, avec une potence en 30 mm de long et un cintre de 800 On Off en aluminium, c’est du sérieux également, tout comme le train roulant, où l’on trouve une paire de roues E-Thirteen Grappler Core 6066 en alu, assez solide et qui roule bien, chaussées de pneus Maxxis Dissector EXO + 3C Max Terra 60 TPI 29×2.50 (AV et (AR). Un ensemble pas très costaud, mais cohérent pour un programme trail/all ùountain polyvalent.
On notera également que sur le Scree RR, on trouve des disques HS2 plus épais en 200 AV et AR, qui ont tendance à moins chauffer. Associés aux DB8, c’est pour moi un très bon choix.








Suspensions
Côté suspensions, comme sur la plupart de ses modèles les plus haut de gamme, Mondraker joue la carte Fox et le Scree RR est équipé d’une fourche 36 Factory Kashima avec cartouche GripX2 à l’avant, tandis que la suspension arrière bénéficie d’un amortisseur Float X Kashima également.




Pour un pilote de 70 kilos, voici les réglages que je préconise pour ce vélo…
Fourche Fox 36 Factory Kashima GripX2 150 :
- 70 psi en pression d’air et une cale dans le plongeur gauche pour un Sag autour de 25 %.
- Compression basses vitesses : + 14 du plus fermé (sur 16 clics)
- Compression hautes vitesses : + 7 du plus fermé (sur 8 clics)
- Rebond basses vitesses : + 12 du plus fermé (sur 16 clics)
- Rebond hautes vitesses : + 7 du plus fermé (sur 8 clics)
Amortisseur Fox Float X Factory Kashima Evol 130 :
- 155 psi de pression d’air pour un Sag de 30 %
- Compression hautes vitesses : ouvert
- Rebond : + 5 du plus fermé (sur 12 clics)
Moteur et batterie
La puissance de la nouvelle motorisation Bosch Performance Line CX que l’on retrouve sur le Mondraker Scree répond très précisément à chaque coup de pédale particulier. Ceci a été rendu possible grâce à un remaniement des différents capteurs de haute performance, qui mesurent avec précision l’action de la pédale à un rythme de plus de 1 000 fois par seconde. Ils sont nombreux à intervenir, dont un capteur de cadence à haute résolution et un capteur doté d’une technique de mesure extrêmement précise du couple. D’autres capteurs inertiels (IMU) mesurent également l’accélération et les taux de rotation en six dimensions et détectent ainsi plus facilement les angles d’inclinaison et de pente, ainsi que les secousses.
Le VTTAE ressent donc si la montée est raide et si le vététiste se trouve sur un chemin forestier ou un sentier parsemé de pierres ou de racines. La motorisation réagit de manière très sensible aux variations de l’accélération, de la puissance propre de l’utilisateur et de la vitesse réelle. C’est grâce à ces signaux qu’envoient les capteurs remaniés que le pilote bénéficie toujours de la puissance moteur la plus appropriée. Avec sensibilité, contrôle et réponse immédiate, ou alors de manière douce, discrète et fiable pour les longues randonnées. On peut donc dire, que, sur le papier, la nouvelle motorisation Performance Line CX s’inscrit plutôt dans la douceur et la polyvalence.





Mais ce n’est pas tout… Depuis quelques mois, avec la nouvelle mise à jour Bosch Smart System, le moteur a également gagné en couple, mais aussi en assistance maxi en crête. Il passe donc à 100 Nm et 750 watts, ce qui permet de s’attaquer à des montées plus raides et plus techniques avec les armes nécessaires pour aller en haut sans caler !
Le poids de la motorisation Performance Line CX a également été réduit d’environ 100 grammes par rapport à la version précédente. Cela n’empêche en rien la motorisation de rester extrêmement robuste, comme en témoigne son boîtier en magnésium qui résiste aux conditions les plus difficiles. Et pour encore plus de fiabilité, un revêtement par poudre noire protège également des projections de pierres et des chocs, ainsi que de la formation de corrosion.
Côté batterie, le Mondraker Scree dispose, au choix, d’une CompactTube de 600 ou 800 Wh intégrée dans le cadre, mais désormais amovible, comme sur le nouveau Crafty. Ce n’était pas le cas sur les anciens modèles et la demande pressante d’une frange importante de la clientèle a poussé la marque espagnole à revoir sa copie… Nous, on valide !


De plus, si besoin est, il est possible de rajouter un Range Extender PowerMore (une autre nouveauté chez Bosch) de 250 Wh et 1,6 kg, qui se fixe au niveau du porte-bidon et augmente l’autonomie de 30 %.
Connectivité
Intelligente, personnalisable et tournée vers l’avenir, l’application eBike Flow est l’outil de connexion avec votre futur VTTAE équipé d’une motorisation Bosch. La clé qui vous fera pénétrer dans le monde du vélo connecté. Les mises à jour en direct permettent d’améliorer sans cesse l’expérience d’utilisation grâce à de nouvelles fonctionnalités innovantes. Avec cette application, les modes d’assistance peuvent être réglés individuellement, les activités enregistrées de manière totalement automatiques et les applications de remise en forme de type Apple Health peuvent également être intégrées.
Dans le cadre du perfectionnement technique des composants que l’on trouve sur les vélos à assistance électrique, on peut s’attendre à de belles optimisations dans les années à venir (ABS, transmission automatique, et j’en passe…).

Sur le terrain
Comportement moteur
Bon, logiquement, nous allons surtout parler de la nouvelle mise à jour Bosch qui offre 100 Nm de couple et 750 watts d’assistance maxi et qui est disponible depuis quelques mois maintenant. Inutile de revenir sur la version de base du Gen 5, tout le monde connait désormais son caractère moins violent, certes, mais que certains (dont je fais partie) pouvait trouver un peu fade…
Au départ, comme il n’y a toujours que quatre modes d’assistance, pour accueillir l’eMTB+, je vous conseille de zapper l’Eco et d’attaquer directement avec le Tour, puis l’eMTB, l’eMTB+ et le Turbo. En effet, le Tour réglé légèrement au-dessus de 0 (+ 2 ou + 3), permet déjà d’avoir une bonne réponse et d’évoluer en tout-terrain facile sans pour autant taper outrageusement dans la batterie. Et effet, ne l’oublions pas, le Tour et l’eMTB conservent un couple de 85 Nm et une puissance maxi de 600 watts. Cela permet, lorsque l’on roule dans des conditions moins difficiles, de pouvoir tout de même bien négocier les obstacles, sans être aussi exigeant vis-à-vis de l’autonomie et des éléments de transmission que peuvent l’être l’eMTB+ ou le Turbo avec leurs 100 Nm de couple et 750 watts d’assistance maxi… En gros, quand ce n’est pas nécessaire d’en avoir plus, il est inutile d’en rajouter !
On pourra juste regretter que sur cette dernière version, la mise à jour ne permette pas de régler la durée de l’Extended Boost comme on le souhaite… Sinon, pour le reste, c’est vraiment efficace et dès que le mode eMTB+ est enclenché, on sent nettement la hausse des performances du moteur. Que ce soit en réponse et en soutien lorsque le besoin s’en fait sentir ou simplement quand on a envie d’aller plus vite en montée (là, à condition de bien tourner les jambes, si l’on souhaite “faire la course”, c’est tout de même le Turbo qui est le plus efficace), on est bien au-dessus de la version sans mise à jour. Mais ce qui est certain, c’est que sans être trop violent pour autant, le mode eMTB+ possède un coffre intéressant et une puissance qui conviennent parfaitement à un VTTAE comme le Scree, au demeurant quand même assez lourd et forcément un peu moins facile à emmener par rapport à certains modèles plus légers…

J’ai d’ailleurs remarqué qu’entre 80 et 90 tr/mn, l’eMTB+ se montre particulièrement efficace, avec une plus large plage de la cadence de pédalage et la sensation agréable d’avoir toujours suffisamment d’assistance. Même lorsqu’il faut en rajouter, alors que ça grimpe déjà fort. Bon, évidemment, on n’est pas tout à fait au niveau de la nouvelle référence actuelle, le DJI Avinox, mais le cahier des charges chez Bosch n’est pas le même…
Sinon, du côté des points très positifs, on soulignera l’efficacité du “Dynamic Control”, qui fait office d’anti-patinage, tout en permettant souvent d’éviter les cabrages intempestifs. Qu’il s’agisse de sentiers raides en montée, de portions glissantes sur des racines ou d’enchaînements de marches, cela permet de tirer le meilleur parti du vélo et de l’assistance généreuse. On a donc une puissance supplémentaire bien plus facile à maîtriser et une motricité assez phénoménale qui aide le pilote à bien mieux se sortir des pièges que le terrain lui tend régulièrement lors d’une pratique un peu extrême !

J’ajouterai également que la motorisation Performance Line CX, grâce à sa construction haut de gamme accompagnée d’une électronique puissante, se montre robuste et endurante. Même par forte chaleur et en utilisant le moteur au maximum de son potentiel, on sent que ça encaisse bien mieux qu’avant la surchauffe. Bon, il y a bien un moment où il faut que ça régule un peu, mais c’est nettement moins flagrant que sur les versions ultérieures.
Et en descente, on peut noter aussi que le découplage de la transmission externe (chaîne, plateau, cassette) et de la transmission interne (roue libre, pignons, moteur) permet de réduire considérablement les bruits mécaniques, tout en assurant une meilleure fluidité au niveau du pédalage et beaucoup moins d’effet “kick back” lorsque l’on arrête de pédaler et que l’assistance coupe.
Réglages
L’application eBike Flow permet évidemment de choisir les modes que l’on souhaite et ensuite de les personnaliser en paramétrant les performances (watts, Nm), mais aussi le dynamisme et la réponse à l’accélération. Pour le Mondraker Scree RR, je vous donne les modes et les réglages de paramètres que j’ai choisi après en avoir testé plusieurs… Pas de surprise, ce sont les mêmes que ceux que j’ai sélectionné pour tous les VTTAE équipés de la dernière mise à jour Bosch…
Tour : +3 en assistance et +3 en accélération au pédalage
eMTB : +4 en assistance et +4 en accélération au pédalage
eMTB+ : +5 en assistance et + 3 en accélération au pédalage
Turbo : +5 en assistance et +5 en accélération au pédalage
85 Nm de couple sur les modes Tour et eMTB et 100 Nm sur l’eMTB+ et le Turbo
750 watts d’assistance maxi en crête en eMTB+ et en Turbo, 600 en eMTB et Tour



Autonomie
Sur le Scree RR, Mondraker a choisi de monter la nouvelle batterie Bosch de 800 Wh… Et si ça fait quand même un peu lourd par rapport à une 600, la nouvelle 800 est néanmoins plus légère que l’ancienne 750 (400 g de gagné, merci les cellules 21 700…), c’est donc un peu moins pénalisant pour l’équilibre général du vélo… Tout en offrant une belle autonomie.
En chiffre, ça donne 1 720 m de dénivelé positif, 55 km et trois bonnes heures de roulage en tout-terrain technique pour un pilote de 68 kilos qui ne roule pas à l’économie et utilise en majeure partie le Tour et l’e-MTB, avec de l’eMTB + et éventuellement un petit coup de Turbo si le besoin s’en fait vraiment sentir.
Et si l’on décide d’emprunter un parcours plus roulant avec des montées moins techniques et que l’on choisit d’utiliser un savant mélange de Tour vitaminé et d’eMTB, on parvient ainsi à optimiser l’autonomie et à atteindre plus de 60 km pour un dénivelé positif un peu moindre.
Notez qu’à la fin, lorsque l’on atteint les 30 derniers pourcents de batterie, le nouveau système Bosch ne vous prendra pas au dépourvu. En effet, une fois arrivé à ce stade, le System Controller logé dans le top tube vous prévient de ce qu’il vous reste (deux barres orange) et réitère l’alarme visuelle lorsque l’on atteint les 20 % (plus qu’une barre), avant de passer au rouge pour les 10 restants. De plus, l’assistance reste optimale jusqu’au bout et ne se met en mode “survie” que sur les 5 derniers pourcents… A partir de là, le moteur ne vous donne plus que le minimum d’assistance pour aller le plus loin possible, c’est-à-dire deux ou trois kilomètres et à peine 50 m de D+.
A la montée
Objectivement, outre les qualités de l’assistance Bosch CX dont on vient de parler, j’ai été bluffé également par la précision du vélo dans les montées techniques et cassantes. Son aisance à franchir les obstacles au sol comme les pierres et les racines ou les belles petites marches est assez exceptionnelle… Le Scree survole le terrain, se moque de la plupart des aspérités qui jalonnent les sentiers, va droit et ne gigote jamais en vous emmenant un haut sans avoir à contrôler la moindre dérobade de l’arrière. Alors d’accord, on connait les qualités du full 29 en montée, mais là, pour un petit débattement et avec un pneu arrière aux crampons modestes et une gomme assez dure, on est largement au-dessus de la moyenne. Avec une sensation de facilité et une vivacité assez incroyables pour un VTTAE de type Trail de 25,3 kg.

En gros, on lève l’avant facilement dès qu’on le souhaite, sans cabrer pour autant de manière involontaire quand la pente est raide et qu’il faut garder la roue avant au sol. Et comme la réponse au coup de pédale est franche et sans perte d’adhérence – même en eMTB + –, le franchissement devient presque une partie de plaisir ! J’avoue aussi que le confort et le rendement des jantes e-Thirteen en alu, combinés à l’excellente rigidité du triangle arrière et à une suspension qui filtre parfaitement les imperfections du sol, sont vraiment appréciables sur des sentiers très souvent cassants et pierreux… Au point de se dire que dans ces conditions et dans la mesure, évidemment, où le matériel est au top, et bien l’aluminium, ça a du bon.

En tout cas, c’est ce que j’ai ressenti et même si, effectivement, les suspensions Fox Kashima fonctionnent parfaitement et aident également à la très bonne impression d’ensemble que donne le Scree, la qualité de ce châssis aux débattements plus modestes reste à mon avis primordiale dans le comportement irréprochable de ce “petit” VTTAE de Trail finalement aussi efficace que les meilleurs all mountain du marché dans la grande majorité des cas.


Le Mondraker Scree RR a donc un sacré potentiel dès que ça grimpe et que ça grimpe fort, même ! Bien aidé, on l’a déjà dit, par une motorisation Bosch Performance CX désormais au top de sa forme, le bike s’en sort partout avec une facilité assez étonnante… Y compris équipé d’un pneu arrière Maxxis Dissector basique qui n’est pas le plus adapté à une pratique un peu engagée en montée. Dans ce cas-là, un montage en Dissector Double Down qui ne plombe pas le vélo pour autant sera forcément une meilleure option. Sinon, rien à dire, le Scree a passé les épreuves du dénivelé positif avec un brio au moins équivalent à celui de certains VTTAE all mountain bien plus haut de gamme dont les noms font rêver… Comme quoi !
En descente
Ce qui est bien avec Mondraker, c’est que même si ce n’est pas une marque canadienne – dont les qualités “Gravity” sont très souvent marquées –, on a tout de même l’assurance d’avoir un vélo qui fonctionne très bien en descente ! Mais j’avoue qu’avec le Scree et ses 130 mm de débattement seulement à l’arrière, au départ, je me posais quelques questions au niveau de son comportement dans le dénivelé négatif sérieux… Heureusement, dès la première descente, j’ai immédiatement compris qu’il n’y aurait pas de problème !

En effet, même si le programme du bike reste forcément plutôt Trail et rando sportive, si l’on décide malgré tout de l’emmener sur de belles spéciales d’enduro pas trop extrêmes, le Scree répond présent – et plutôt bien, en plus… La géométrie raisonnable du côté de l’angle de chasse reste néanmoins agréable dans le négatif, avec un feeling rassurant qui donne envie de lâcher les freins.
De plus, en dépit d’un poids relativement élevé (avec un cadre en aluminium et une batterie amovible, y’a pas de miracle), j’ai trouvé que l’on ne sentait pas du tout l’embonpoint supplémentaire que les 25 kilos et demi affiché sur la balance aurait pu provoquer. En fait, il n’en est rien et pour un VTTAE en full 29 pouces, grâce en partie au bon équilibre avant/arrière, à la répartition des masses réussie et à ses 65,5° d’angle de fourche, il parvient à rester suffisamment maniable pour se faire plaisir dans les parties sinueuses.





De plus, la cinématique Zero Suspension et la rigidité du triangle arrière aident réellement le Scree et ses 130 mm de débattement à se comporter comme un chef en descente. On a carrément l’impression d’en avoir plus et si l’on compare avec un autre 130 full power comme le Specialized Levo Rally (qui vient de sortir lui aussi), le travail de la suspension arrière m’a semblé supérieur en de nombreux points. Y compris avec le nouvel amortisseur Genie – au demeurant irréprochable en 150 sur le Turbo Levo 4 – mais nettement moins agréable en sensation quand ça descend avec 130 de débattement seulement…
Tout cela vient donc confirmer le côté assez exceptionnel en descente des VTTAE Mondraker. Quel que soit le programme, il s’avère que l’on peut compter sur eux pour se faire plaisir en dévalant les pentes. Dans la mesure du raisonnable, bien sûr, le Scree étant destiné avant tout à une pratique loisir et non à l’attaque en spéciale. Reste qu’avec un pilotage coulé qui prend en compte la limite des pneus (un peu légers avec une gomme trop dure) et la géométrie polyvalente de ce petit Trail, je me suis vraiment régalé à son guidon.
Points forts / faibles
Principales qualités
- Polyvalence
- Composants de qualité
- Nouveau châssis très réussi
- Suspensions haut de gamme
- Comportement en descente
- Batterie amovible
- Motorisation Bosch CX nouvelle génération
- Rapport qualité/prix intéressant
Principaux défauts
- Pneu un peu limite pour l’avant
- Boîtier de pédalier un poil bas pour un VTTAE
- Poids

Qu’en penser ?
On ne va pas tourner autour du pot… Avec son air de ne pas y toucher, le Mondraker Scree RR s’est pourtant révélé comme un sacré VTTAE polyvalent, capable de tout faire et de le faire bien ! Je m’explique…
Il pèse plus de 25 kg, mais en toute franchise, on ne sent pas le poids… Il est en full 29, mais ça ne l’empêche pas d’être assez maniable et de très bien virer… Il n’a que 130 mm de débattement à l’arrière, mais on dirait qu’il en a plus… Et enfin, il affiche les chiffres d’un VTTAE de Trail, mais se comporte comme un très bon all mountain en descente ! Difficile donc de trouver des défauts au Scree et j’avoue avoir pris énormément de plaisir à rouler ce nouveau Mondraker… Au point de le considérer comme le (très) bon plan de l’année 2026.

Rien que ça, me direz-vous ? Bah oui, car en plus, en étant proposé à un tarif juste en dessous la barre des 7 000 euros avec une motorisation Bosch CX très performante, des suspensions Fox Factory Kashima, une transmission Eagle AXS T-Type, des freins Sram DB8 très corrects et un train roulant de bonne facture, on peut carrément affirmer que ce bike est une vraie bonne affaire dans sa version RR… Qu’il a l’essentiel et surtout, tout ce qu’il faut, où il faut. Et quand en plus, l’engin fait ses preuves sur le terrain en relevant haut la main les nombreux petits défis que je lui ai imposés, alors on ne peut que s’incliner et dire bravo !
Bref, pour une grande majorité de pratiquants, on tient là l’un des meilleurs VTTAE de l’année 2026 et je vous le recommande chaudement. Si vous avez l’occasion, allez l’essayer, vous risquez d’être très agréablement surpris…
Vis-à-vis de la concurrence ?
Bien qu’il soit affiché à un tarif plus élevé de 1 000 euros, on peut dire que le Specialized Levo R 4 Comp Carbon à 7 999 euros joue dans la même catégorie que le Mondraker Scree… Ou tout du moins, qu’il essaye.
La gamme Mondraker Scree
Elle se compose de quatre modèles avec cadre alu, moteur Bosch Performance CX Gen 5, console Kiox 400C, dérailleur T-Type (AXS S-1000 pour le RR ou 70 mécanique sur les trois autres) et batterie de 800 Wh, sauf sur le S 600, qui, comme sa dénomination l’indique, est équipé d’origine d’une 600 Wh seulement.
Le RR est à 6 999 euros, le R à 5 999, le S à 5 499 et le S 600, plus abordable, à 5 199 euros.








