Essai du Commençal Meta Power TR 29 Signature

Montagnard, mais pas exclusif

Parmi la production 2021, le Commençal Meta Power TR 29 faisait partie des VTTAE que nous avions fortement envie d’essayer. Après avoir rendu le modèle AM d’Enduro testé il y a deux mois, c’est donc avec plaisir que nous avons récupéré la version Trail. Encore plus polyvalent, un peu moins lourd et toujours aussi bien équipé, le Meta Power TR Signature possède beaucoup d’atouts dans son jeu… Est-il parvenu à nous séduire ? Ira-t-il même jusqu’à nous faire oublier son grand frère ? On vous dit tout !

Par Chris Caprin – Photos Laurence Faure

Commençal Meta Power TR 29 Signature

  • Usage Trail et All Mountain
  • Roues de 29 pouces
  • Débattement 150 AV/140 AR
  • Cadre en aluminium 6061 et 6066
  • Reach 460 mm et Stack 630 mm en taille M, offset (déport de fourche) 42 mm
  • Motorisation Shimano EP8 250 watts, 85 Nm
  • Batterie de 630 Wh
  • Console et commande : Shimano EP8 et EM800
  • Modes d’assistance : 3 (Eco, Trail, Boost) + assistance à la marche
  • Système pour réglages moteur personnalisés et connectivités : oui, avec l’application Shimano E-Tube téléchargeable sur smartphone
  • Pneus Maxxis Minion DHR II EXO + 29×2.40 AV et AR
  • Tailles (S, M, L, XL)
  • 4 modèles entre 5 499, 5 999, 7 299 et 7 999 €
  • Prix du modèle testé : 7 299 €
  • Poids vérifié : 23,77 kg (sans pédales, en taille M)
  • Lien : www.commencal-store.com

Si on le compare au Meta Power AM essayé récemment dans le dossier Enduro, on constate que l’on a affaire à la même base. Bien sûr, le Meta Power TR est plus léger, gagne un bon kilo sur la balance et possède une géométrie encore plus polyvalente et moins agressive, mais à la base, visuellement, les deux vélos sont assez proches. On est loin, par exemple, de la différence de cadre et de cinématique de suspension qui existe entre un Orbea Wild FS et un Rise…

Non, là, nous sommes plus dans l’esprit d’un Moustache, avec les Samedi Trail et Game dont les châssis sont particulièrement proches. La différence étant que chez Commençal, on revendique davantage le côté montagnard en proposant une géométrie Trail un peu plus engagée que celle du concurrent vosgien…

En effet, avec un empattement de 1 252 mm en taille M, un angle de fourche de 64,5° et un tube de selle à 77,5°, on sent bien que si le TR se veut légèrement plus pédaleur que l’AM, il ne devrait pas être dépassé dans les descentes. Pour le reste, la hauteur de boîtier de pédalier de 350 mm est dans la limite du raisonnable, alors que pour la longueur des bases, avec 453 mm pour un montage en roues de 29 pouces, là, on est vraiment bien !

Composants

Chez Commençal, avec ce Meta Power TR Signature, on fait dans le très soigné en termes d’équipement et d’accessoires. La transmission et les freins sont signés Shimano XT, avec, bien sûr, du 12 vitesses et des étriers quatre pistons montés en disques de 203 mm.

Les composants Ride Alpha (potence de 50 mm, cintre de 780 mm et guide-chaîne), tout comme le pédalier e-Thirteen, sont également à la hauteur, alors que pour la selle, on trouve une WTB Silverado plutôt bien adaptée à la pratique du VTTAE sportif. Elle prend place sur une tige de selle Fox Transfer Factory de 150 mm de débattement, parfaitement en phase avec ce type de vélo.

Du côté des roues, on a des DT Swiss H 1700 Spline en 30 mm entre crochets montées avec des pneus Maxxis Minion DHR II Exo+ à l’avant comme à l’arrière… Ayant déjà expérimenté le montage du pneu arrière Minion à l’avant, j’avoue ne pas avoir été du tout convaincu par l’idée et, surtout, par le résultat sur le type de terrains sur lesquels je roule. J’ai donc très rapidement changé pour un Assegai Exo+ bien plus précis et fiable sur l’angle… Tout du moins selon mes critères personnels.

Suspensions

Sur ce Meta Power AM 29 Signature, on trouve des suspensions au top pour un petit all mountain. A savoir une Fox 36 Factory E-Bike avec cartouche Grip2 en 150 mm de débattement et un amortisseur Fox DPX2 Factory 140 mm… De quoi affronter les sentiers montagnards de toutes sortes.

Concernant les détails, une fois le réglage des Sag effectués (25 % environ), il faut ensuite affiner légèrement. En ce qui me concerne, avec mes 70 kg, je suis parti dans l’idée d’avoir des suspensions qui fonctionnent de manière homogène et progressive sur l’intégralité du débattement, en allant presque jusqu’à la limite du talonnage.

Dans le détail, pour la fourche, ça donne : trois tokens dans le plongeur gauche, 80 psi de pression d’air, + 3 clics en compressions basses vitesses, + 4 en compression hautes vitesses, + 1 en détente basse et enfin + 3 en détente haute (toujours en partant de la position ouverte au maximum). Et là, franchement, avec un bon pneu qui accroche en latéral et sur les freinages, on a vraiment un train avant irréprochable.

Enfin, du côté de l’amortisseur, les réglages étant moins nombreux (mais suffisants), j’ai mis 165 psi de pression et + 4 clics en partant du plus ouvert pour le rebond…

Moteur et batterie

Le nouveau moteur Shimano EP8 possède un rapport poids/puissance qui le situe parmi les meilleurs du marché et contribue à le rendre un peu moins énergivore. En effet, la réduction des frictions donne davantage d’autonomie à la batterie quand l’assistance est enclenchée, et un pédalage plus fluide, sans résistance, quand le moteur est coupé ou se débraye au-dessus des 25 km/h. 

La nouvelle motorisation EP8 est également plus silencieuse, alors qu’un assemblage d’engrenages plus précis et un faisceau de câbles mieux agencé participent plus efficacement au refroidissement du moteur en cas de fortes chaleurs ou quand l’assistance est sollicitée au maximum.

Quant à la batterie intégrée Shimano de 625 Wh, c’est la même que sur le Meta Power AM et on avait noté que l’ensemble offrait globalement une excellente autonomie.

Connectivité

Parallèlement à l’application E-Tube Project (voir plus bas dans le chapitre “Comportement moteur”), une nouvelle mise à jour de l’E-Tube Ride permet aux vététistes de garder un œil sur leurs informations via l’écran de leur smartphone. Celui-ci affiche diverses options, comme le nombre de kilomètres parcourus sur les différents modes Eco, Trail ou Boost, ainsi que de nouvelles fonctionnalités, comme l’historique des sorties ou des cartes interactives. Tout cela dans des interfaces plus ergonomiques et plus agréables à utiliser.

Les deux applications sont téléchargeables sur iPhone et Android et sont entièrement compatibles avec le système Shimano EP8.

Sur le terrain

Maintenant que nous nous sommes largement étendus sur les détails statiques de ce Meta Power TR 29, il est temps d’aller rouler !

Prise en main

En ayant encore bien en tête le comportement du Meta Power AM, j’ai immédiatement retrouvé mes marques sur le TR… Même cinématique de suspension, composants haut de gamme, motorisation identique, il n’y a finalement que le design (cadre en aluminium naturel sans peinture, la classe) et des détails de géométrie qui changent (triangle avant un peu moins compact, 1 degré d’angle de fourche en moins).

Néanmoins, dès les premiers tours de roues, je me suis senti aussi bien que sur l’AM. Tout juste si l’on sent une position un poil plus orientée pour le pédalage sur le TR et un rendement légèrement supérieur pour lancer le vélo avec le moteur coupé… le meilleur moyen pour se rendre compte si un VTTAE est collé au démarrage ou pas !

Autrement, honnêtement, il n’y a pas une grosse différence entre les deux modèles et ce qui m’a agréablement surpris sur l’AM (efficacité au pédalage, polyvalence, vivacité et capacités en franchissement), n’est pas amplifié de manière exceptionnelle sur le TR. L’excellente répartition des masses fait qu’un kilo de plus ou de moins ne se sent pas vraiment et qu’il est à peu près aussi amusant de piloter et trialiser en tournant en rond sur un spot technique avec les deux vélos. Tout juste sent-on une petite fermeté supplémentaire de la suspension arrière, ce qui donne au TR une réactivité et un dynamisme légèrement supérieurs. Logique, car on est sur un Fox DPX2 avec moins de débattement (140) et non un X2 Factory Evol en 155… Ce qui est sûr, c’est qu’une fois la fourche 36 Factory Grip2 réglée en accord avec l’amortisseur, on a un ensemble tout à fait cohérent avec le programme Trail de ce Meta Power.

Comportement du moteur

Depuis maintenant plus de six mois à rouler et tester des VTT à assistance électrique équipés du nouveau moteur EP8, je commence à bien le connaître. Mais je vais tout de même continuer encore un certain temps à vous expliquer ce qui a changé et comment en tirer le meilleur en tout-terrain sportif.

Shimano a donc repensé le fonctionnement et la personnalisation de ses trois modes d’assistance. Ainsi, le plus puissant, à savoir le Boost, peut désormais délivrer un couple maximal de 85 Nm sans que le pilote n’ait vraiment besoin de forcer outre mesure. 

Le mode Trail, lui, peut aussi atteindre les 85 Nm, mais il est bien plus réactif en fonction de la force exercée sur les pédales. Il est ainsi possible d’économiser l’autonomie de la batterie avec un couple faible, ou au contraire de disposer d’une puissance maximale et d’un couple de 85 Nm dès lors que le pilote délivre 60 Nm. Soit nettement plus tôt que sur la précédente version. Et c’est cet algorithme de ratio d’assistance intelligent qui rend le mode Trail bien plus polyvalent. Qui fait aussi que l’on peut se passer de changer de mode d’assistance sur une grande majorité de parcours.

Dans l’esprit, on se rapproche donc pas mal du mode e-MTB de Bosch, avec cependant une assistance un peu plus présente quand le dénivelé positif n’est pas très important. Ce qui, dans les passages techniques et les franchissements, s’avère bien utile. Il suffit juste de se pencher sur les réglages, de bien paramétrer son assistance (comme expliqué plus loin) et… ça marche ! Quant au mode Eco, sa plage d’utilisation est un peu plus large et il peut servir en phase d’échauffement, lors d’un entraînement pour les pilotes les plus sportifs, ou simplement à l’occasion d’une sortie qui mêle VTTAE et VTT sans assistance. Disons que sur ce mode, le côté très dynamique du Meta Power TR lui permet de rester plutôt performant. Globalement, même avec une assistance réduite, il s’en sort donc tout de même plutôt bien pour un modèle de quasiment 24 kilos.

Comment ça se règle

Via l’application E-Tube Project (version 4.0), tous les modes et les paramètres sont entièrement personnalisables, aussi bien chez vous que pendant votre balade à l’aide de votre smartphone. Cela permet à l’utilisateur d’adapter le système à son niveau, comme aux terrains sur lesquels il évolue. Ainsi, les modes Eco, Trail et Boost peuvent être personnalisés chacun sur 10 niveaux différents, alors que le couple moteur peut être réglé au choix entre 20 et 85 Nm.

Il existe également 5 paramétrages possibles du mode de démarrage de l’assistance qui peuvent tous être enregistrés sous différents profils d’utilisateurs et pour différents types de sorties, comme par exemple une simple balade ou, au contraire, une séance engagée sur terrain très accidenté. Toutes ces informations peuvent être sauvegardées comme préférences personnelles du pilote, avec un profil “Eco” qui permet d’économiser davantage la batterie et un autre “Sport” plus adapté aux terrains techniques et pentus. L’utilisateur peut ainsi basculer facilement d’un profil à l’autre via l’écran de contrôle. Ci-dessous, voilà les différents réglages de paramètres que je préconise sur ce Commençal pour une utilisation sportive.

Profil 1 (Sport) :

Puissance : Eco Niveau 5, Trail Niveau 7, Boost Niveau 10

Couple : Eco 49 Nm, Trail 70 Nm, Boost 85 Nm

Force au démarrage : Eco 4 sur 5, Trail et Boost 5 sur 5

Profil 2 (Eco) : 

Puissance : Eco Niveau 3, Trail Niveau 4, Boost Niveau 6

Couple : Eco 27 Nm, Trail 42 Nm, Boost 63 Nm

Force au démarrage : Eco 3 sur 5, Trail 3 sur 5, Boost 4 sur 5

À la montée

Après une ou deux sorties de prise en main qui permettent de valider les différents réglages, je me suis rapidement dirigé vers des parcours plus techniques avec de vraies montées bien difficiles jalonnées d’épingles serrées, de marches et de pierres roulantes qui n’aident pas la motricité… Dans ce genre de défis que l’on ne se lancerait pas au guidon d’un VTT sans assistance, on apprend vite à connaître le vélo et à sentir de quoi il est capable.

Concernant le Meta Power TR 29, je vous rassure tout de suite, l’engin possède de sacrées qualités de grimpeur. Sa position de pédalage bien au-dessus du boîtier de pédalier, son empattement généreux et ses bases courtes pour un 29 pouces se chargent en effet de fournir à ce petit Commençal tout ce qu’il faut pour en faire un expert en franchissement dans les montées.

Pas de cabrages inopinés, pas de dérobades de la roue arrière (merci la roue de 29 et le pneus Maxxis Minion DHR II) et pas non plus de guidonnages intempestifs qui conduisent malheureusement très souvent à des erreurs de trajectoires, obligeant à mettre un pied à terre. Non, là, avec la précision du train avant avec sa 36 Factory suffisamment sensible sur les petits chocs, renforcée par une suspension arrière un peu plus ferme, avec un amortisseur figé et réglé avec un rebond pas trop sensible, on a l’impression qu’il n’y aura pas grand-chose pour vous arrêter.

Il faut dire qu’une fois que l’on a compris comment fonctionnait le moteur Shimano EP8 en mode Trail pour la majorité des passages et en mode Boost quand ça devient vraiment plus raide et difficile techniquement, le duo motorisation/partie-cycle du Meta Power TR se révèle particulièrement efficace. Du calibre d’un Bosch Gen4 monté dans un cadre de Moustache Trail, d’un Lapierre GLP2, d’un Orbea Wild FS… ou d’un Brose Specialized sur un Levo Gen2. Des VTTAE, qui, pour moi, restent des références en termes de polyvalence et d’aptitudes en montée !

Eh bien là, pour peu que l’on ne se loupe pas sur la cadence de pédalage, donc sur le bon choix du braquet, mais aussi sur la force avec laquelle on appuie sur les manivelles, le Boost du Shimano est quasiment aussi efficace que le Turbo d’un Bosch… Il suffit de bien tourner les jambes et de ne pas trop forcer sur les pédales pour que l’assistance vous donne ce qu’il faut pour monter vraiment haut dans le très raide. Car même s’il est intrinsèquement un peu moins puissant que le Bosch, l’EP8 reste quand même un monstre d’efficacité dans les conditions extrêmes que l’on rencontre en tout-terrain.

Bref, vous l’aurez compris, je me suis régalé au guidon du Meta Power TR et une fois le vélo en main (ce qui ne m’a pas pris bien longtemps, je vous l’assure), je me suis senti pousser des ailes en ayant envie de partir tous les jours m’attaquer à de nouvelles montées de plus en plus techniques pour voir « si ça passe », comme on dit… Et la plupart du temps, sauf erreur technique de ma part, excès d’optimisme, ou les deux, c’est passé !

En clair, même si l’AM m’avait déjà plutôt bluffé, grâce à son gabarit, à ses suspensions et au léger surplus de vivacité et d’agilité qui en découle, le TR m’a souvent rendu la tâche légèrement plus facile pour arriver au sommet de certains passages “à zéro”. C’est-à-dire sans avoir posé un pied au sol. Les amateurs apprécieront.

Et quand, dans certaines ascensions particulièrement extrêmes, j’ai dû mettre pied à terre, j’ai apprécié la facilité pour enclencher l’assistance à la marche (on appuie deux secondes sur le bouton du bas, on lâche, on recommence, c’est parti) et surtout pour y rester ! Si on lève le pouce par mégarde, pas de problème, le mode Walk reste enclenché et il ne se désactive qu’une fois la difficulté passée, quand on appuie sur le bouton du haut pour retrouver le mode où l’on était avant l’arrêt de progression. Pratique. Surtout que l’assistance à la marche de l’EP8 est l’une des plus régulières et des plus efficaces que j’ai eu l’occasion d’utiliser. Bravo.

En descente

Vu que je suis plutôt fan des VTTAE compacts avec débattements moyens (autour de 150 mm), la question que je me posais avant de rouler sur le TR était : « Vais-je me sentir aussi à l’aise en descente que sur l’AM ? »… Eh bien, je ne vais pas faire durer le suspense plus longtemps, la réponse est non ! Mais attention, un petit non, pas un grand. Je veux dire par là que si j’ai vraiment bien aimé le Meta Power TR sur la plupart des spéciales techniques, sinueuses, assez lentes et trialisantes, en revanche, dès qu’il fallait prendre de la vitesse, je ne me suis pas senti tout à fait aussi à l’aise qu’au guidon de l’AM.

Bon, en même temps, vu le programme différent du vélo, les settings de l’amortisseur nettement moins sensibles sur les petits chocs et les débattements plus réduits, ce n’est pas une surprise…

Par conséquent, on peut même dire que le TR s’en sort très bien en descente et que son ADN un peu moins “Gravity” ne l’empêche pas de se comporter plus qu’honorablement sur des spéciales d’enduro pour lesquels il n’a pas forcément été conçu. Il suffit de se concentrer un peu plus sur la finesse de pilotage, d’attaquer un peu moins et le tour est joué !

Car un Commençal reste avant tout un vélo de montagne et ça se sent en action. De reste, si on le compare à un Moustache Samedi Trail, on constate qu’il est moins limité et quand même un peu plus rassurant dans la pente. Encore une fois, son excellente géométrie – bien sloping, ni trop radicale, ni trop typée Trail – se révèle un compromis idéal pour affronter toutes sortes de sentiers.

À ce titre, il est impossible de ne pas saluer l’équilibre parfait du vélo et son excellente répartition des masses supplémentaires embarquées… Que ce soit en franchissement dans les montées, pour lever la roue avant et faire un wheeling ou un manual, tout comme pour sauter ou bunny-uper un obstacle en descente, il n’y a pas besoin de forcer le geste. On peut y aller en douceur et en se fatiguant nettement moins qu’au guidon de certains modèles d’autres marques pourtant moins lourds sur la balance… Et ça, c’est vraiment appréciable.

Seul petit bémol à mon goût : le choix d’un Minion DHR II en EXO + à l’avant… Peut-être que dans la terre, un peu d’herbe et sur un terrain meuble à la montagne, ça fonctionne, mais chez moi, sur le sec, dans les pierres et la gravette, il y a un sérieux manque de grip. J’ai donc rapidement changé ce modèle inadapté dans ces conditions pour un Assegai à la gomme plus tendre et au profil plus passe-partout. Et là, sans pour autant coller le vélo au pédalage ni augmenter le poids du train roulant, on a vraiment une bien meilleure adhérence sur la caillasse.

Autrement, que ce soit du côté du freinage, avec les Shimano XT 4 pistons (disques de 203 mm), de la fourche (vive la Fox 36 et sa cartouche E-Bike Grip2) ou de la position de pilotage, il n’y a que du bien à dire, en comportement, comme en qualité de fonctionnement sur la durée.

Et pour conclure, j’ajouterais que le mode Eco du moteur EP8 – bien plus sensible que la plupart des autres systèmes au pourcentage de la pente, mis à part peut-être celui du Giant/Yamaha – permet de relancer en douceur mais avec une certaine vigueur. C’est bien agréable pour conserver de la vitesse dans les petites cassures et avaler sur le couple les coups de cul que l’on retrouve régulièrement sur certaines portions de descente. Encore un point positif à mettre à l’actif du petit moulin Shimano !

Autonomie

Alors que le Meta AM m’était apparu comme un modèle de sobriété pour un VTTAE d’enduro de 25 kilos, avec son poids un peu moins élevé et son programme encore plus polyvalent, j’attendais beaucoup du Meta TR sur le critère de l’autonomie… Et contre toute attente, il ne m’a pas déçu, bien au contraire.

En effet, avec 72 km et 1420 m de D+ au compteur pour un pilote de 70 kilos et une batterie de 630 Wh, on n’est pas loin de ce qu’il se fait de mieux dans le genre. Surtout sans rouler à l’économie et sur un parcours qui allie quelques portions de pistes roulantes, certes, mais tout de même une grande majorité de sentiers techniques et plutôt raides en montée.

Bref, du côté de l’autonomie, le petit Commençal Meta Power m’a une nouvelle fois bluffé.

Points forts / points faibles

Points forts

+ Aptitudes en montée

+ Géométrie

+ Polyvalence

+ Agilité

+ Composants

+ Partie-cycle en osmose parfaite avec l’EP8

+ Autonomie

Points faibles

Pneu arrière monté à l’avant

Qu’en penser ?

Après avoir testé le modèle AM d’Enduro il y a trois mois, c’est avec une certaine impatience que j’attendais de poser les fesses sur le Meta Power TR, la version Trail plus polyvalente. Et je dois avouer que je n’ai pas été déçu… J’ai retrouvé l’équilibre parfait, l’agilité et la maniabilité qui avaient su me séduire sur l’enduro, tout comme une partie-cycle en osmose parfaite avec le moteur Shimano EP8. Pas tout à fait aussi pointu en descente, mais tout de même très performant et rassurant, le TR s’est montré en revanche plus efficace dans les ascensions techniques et les franchissements que son grand frère. Il est donc à conseiller aux amateurs de randonnées sportives qui aiment se lancer des petits défis dans le genre montées impossibles.

Pour les autres, ceux qui taquinent le chrono et veulent se lancer dans la compétition Enduro en électrique, je leur conseille plutôt de s’orienter vers l’AM. Redoutable en descente et loin d’être largué en montée, il n’a pas grand-chose à envier au TR et illustre magnifiquement le vieil adage : “Qui peut le plus peut le moins” !

Ajoutons également que la marque andorrane a lancé le Commençal Care. Un programme inclus lors de l’achat et qui promet de solutionner les problèmes inhérents à la garantie. En gros, vous contactez le service client pour recevoir des conseils en ligne de la part d’un technicien et si ça ne suffit pas, Commençal prendra en charge les frais de l’intervention dans l’atelier de votre choix… De quoi rassurer ceux qui – à juste titre – se posent des questions sur le suivi des pannes et casses mécaniques une fois que l’on a acheté son VTTAE en ligne. Plus de détails sur www.commencal-store.com

Vis-à-vis de la concurrence ?

Là, il n’y a pas photo, comme on dit. Le concurrent direct du Meta Power TR 29 Signature, c’est clairement le Moustache Samedi Trail 8… Honnêtement, même si la motorisation n’est pas la même et que le Moustache est en Bosch, j’ai trouvé beaucoup de similitude dans le comportement des deux vélos. Comme si leur moteur respectif était taillé sur mesure pour leur partie-cycle. Un vrai bonheur !

Et puis, pour faire bonne mesure, difficile aussi de ne pas mentionner le Specialized Turbo Levo Expert Gen2 en aluminium et roues de 29 pouces également. On est vraiment sur le même créneau en termes d’agrément de pilotage et d’efficacité.

La gamme

Outre le Meta Power TR Signature de notre test, on trouve trois autres modèles au catalogue Commençal… Deux moins chers, avec d’abord le Meta Power TR Race à 5 699 euros déjà bien équipé… C’est-à-dire avec une fourche RockShox Lyric Select, un amortisseur RockShox DeLuxe, des freins Sram Guide RE 4 pistons, ainsi qu’une transmission GX Eagle.

Et le premier de la gamme à 5 499 euros, doté d’une RockShox 35 Gold, d’une transmission SX Eagle, de freins Guide T, d’une tige de selle Kindshock et d’une paire de roues Spank Spike…

Enfin, on trouve également un modèle un poil plus haut de gamme à 7 999 euros, équipé en Öhlins à l’avant (RXF 36 M.2 Air) et à l’arrière (TTX2 Air), avec une transmission Sram GX Eagle et des freins Shimano XT.

Embarquement immédiat avec Chris au guidon du Meta TR en vidéo !

  1. Super compte rendu, très complet, à la hauteur de cette magnifique monture.
    Nous aussi, lecteurs, on attendait impatiemment ton verdict !!

    Reste que Commencal, grand spécialiste incontestable des châssis en aluminium, ne nous en fait pas cadeau. Même l’entrée de gamme pique un peu.

    Mais, pour rattraper le coup, la vidéo donne vraiment envie !! 🙂

  2. Bonjour Chris,

    J’ai ce vélo depuis maintenant 3 mois et je me retrouve dans ton essai.
    Vraiment une très bonne machine, très polyvalent, avec flip chip et un profil parmi les plus agressifs de tous les “Trails” que j’ai pu essayer.
    Ta solution pour récupérer du grippe (surtout latéral) sur la roue avant m’intéresse.
    Peux-tu me donner le modele ou la référence du pneu Assegai (il y a beaucoup de version différente) que tu as monté à l’avant?
    Merci a toi.

  3. Salut Fred,
    Pour rester dans le programme du vélo, j’ai monté un 2.50 en EXO + 120 TPI…
    C’est nettement mieux que le Minion DHR II en 2.40, surtout sur le sec et dans les pierres !
    A +

  4. Salut Chris
    Merci pour tes commentaires d’essais, toujours pertinent et instructif
    Je suis à la recherche d’essais des mousses anti-pincement, j’ai consulté tes archives et je n’ai rien trouvé….tu n’en parles jamais dans tes tests de pneus….est tu contre ? certainement pas sans avis je suppose… peux tu m’éclairer stp?
    Sportivement
    Éric

  5. Salut Eric,
    Effectivement, j’évite de monter des mousses sur les vélos d’essais… Ça plombe trop le vélo et ce n’est donc pas très juste. Au pire, je préfère monter un pneu un peu plus costaud mais pas trop lourd.
    Ça ne veut pas dire que je suis contre, mais j’utilise plutôt ce genre de produit sur mon vélo perso… Qui est d’ailleurs monté avec un système Effeto Mariposa (Tribe Sport Group) très efficace et pas trop dur à mettre en place !
    Bon ride et A +

    1. Merci Chris
      Je vais de ce pas suivre ton conseil… J’avais jusqu’à présent des huck Norris qui m’ont lâchés une fois devant et une fois derrière…. pincement deux mèches et ça repart …. mais c’est moyen….donc mariposa au secours !!!
      Merci @+

  6. Voilà un VTT qui me tenterait bien mais je me pose des questions sur la taille.
    Je fais 1m74 et je roule sur un Haibike en taille M qui me convient bien. Suivant le site de Commencal le M est conseillé pour les tailles de 1m70 à 1m81 donc ça devrait me convenir. Mais j’ai récemment eu en loc un Focus Jam en L qui me convenait parfaitement, puis un Fantic Integra L adapté aussi (sur le Fantic en M j’avais les genoux dans le guidon). J’ai pu poser les fesses sur un Commencal Meta Power L sur lequel je me suis senti à l’aise mais je n’ai pas pu rouler sérieusement avec, juste un tour de parking.
    Y’a t’il une différence sensible entre le M et le L ?

    1. Salut !
      Tout dépend ce que tu recherches… Un vélo vif et plus joueur, c’est un Meta Power en M qu’il te faut. Plus de stabilité et sécurisant, alors c’est un L !
      Perso, je suis toujours parti du principe qu’un VTTAE sera forcément plus stable et posé au sol qu’un VTT classique. Le poids supplémentaire situé autour du pédalier et au-dessus aide le vélo à être “collé” au sol – dans le bon sens du terme.
      Par conséquent, avec 1,80m, je roule quasiment tout le temps en M pour mes vélos de test comme pour mes persos.
      Il n’y a que certaines marques (dont Focus, c’est vrai, ou Thok et Orbea avec le Wild FS) où je choisis un L car ils taillent plutôt petit.
      Donc, si tu me demandes mon avis, pour 1,74m, c’est clair que c’est un M qu’il te faut chez Commençal ! Bon choix et… bon ride

  7. OK, merci du conseil. Je cherche le coté vif et joueur sans hésiter. Le Focus en L était bien joueur malgré sa taille. En revanche le Fantic Integra en M c’était juste pas utilisable, beaucoup trop petit.

  8. Salut, merci pour cet essai ! Un vrai plaisir à lire, on est dedans !
    Petite question (très intéressée puisque je suis en train d’en monter un) : as-tu essayé les 2 positions du flipchip, et si oui, qu’as-tu constaté en terme de changement de comportement ? Si tu n’as pas essayé de modifier le réglage, sais-tu sur quelle position il était ?
    Merci d’avance si tu peux prendre un peu de ton temps pour répondre.

    1. Salut Stéphane,
      Après avoir essayé le Flip Chip en position avec boîtier de pédalier plus haut et angle de fourche moins prononcé, je n’ai pas noté une grande différence en nervosité au pédalage (le Meta rend de tout façon plutôt bien) et en descente, ça ne m’a pas plu…
      Je suis donc vite revenu aux angles plus ouverts, qui à mon avis, conviennent mieux à un VTTAE en 140/150 de débattement.
      Un peu comme sur le Giant Trance E+ ou sur le Scott Genius eRide… J’avais aussi nettement préféré la position basse ! J’aurais dû le préciser… L’oubli est réparé ! A +

    1. Salut !
      Perso, j’ai essayé la position plus Trail, mais c’est celle où il y a le plus d’angle et le boîtier le plus bas que j’ai préféré… Surtout sur les sentiers du Var ! J’ai ensuite tout le temps roulé comme ça. A +

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