Destination Montagne – Une journée paradisiaque dans les montagnes d’Aoste

Pour ce nouvel épisode “Destination Montagne”, nous partons pour Cogne en Italie, au cœur du Parc National du Grand Paradis.  Cogne s’étend sur le pré de Saint-Ours, une des plus vastes prairies de montagne en Europe. Ce petit village Italien se trouve à 1 544 mètres d’altitude et son plus haut sommet culmine à 4 061 mètres. C’est le Grand Paradis, le seul “quatre mille” entièrement en territoire italien. Point de départ de nombreuses randonnées pédestres en été et à ski de randonnée ou de fond en hiver, Cogne attire de nombreux sportifs amoureux de la montagne. 

François et Nadine s’y sont rendus en septembre et voici leur plus belle aventure dans cette majestueuse vallée d’Aoste.

Un départ matinal…

Ce jour-là, notre ami Blaise, guide de haute montagne sur Chamonix, se joint à nous. Nous sachant dans le coin, il s’est empressé de venir nous rejoindre pour rouler avec nous.

Nous sommes tous les trois motivés pour une grosse journée en montagne avec une deuxième batterie de 500 Wh dans le sac et tout le matériel nécessaire pour ce genre d’itinéraire.

La journée commence par un traditionnel petit café Italien au soleil dans ce petit village de Cogne encore bien endormi.

Notre dose de caféine avalée, nous partons le long de cette vaste prairie d’altitude entourées d’impressionnantes montagnes en direction des glaciers du Grand Paradis.

Notre départ matinal nous permet d’éviter de croiser trop de randonneurs mais le soleil n’ayant pas encore basculé au-dessus des crêtes, le fond de l’air est piquant! 

Après quelques km jusqu’au hameau de Valnontey, nous obliquons à droite. Le sentier commence à monter mais il reste relativement large. A part quelques grosses marches et des rigoles pour guider l’eau et éviter le ravinement, il n’y a pas de difficulté particulière.

Le sentier commence à se rétrécir, la pente s’accentue, les rochers font leur apparition, le pilotage devient plus physique et technique mais c’est beau ! On aperçoit toujours les glaciers dans le fond de la vallée, la lumière est fabuleuse.

Nous montons donc progressivement jusqu’au gros refuge de Vittorio Sella à 2 600 m d’altitude. Ce refuge est situé au bord d’un grand cirque rocheux où on se demande si c’est bien raisonnable de s’y aventurer avec des vélos ! Tout semble abrupt et inaccessible. Mais nous faisons confiance à Blaise qui connait un peu le secteur. 

Nous avançons dans le fond du cirque relativement plat jusqu’à l’altitude de 2 850 m. A gauche le col Lauson où nous pensions aller, mais le sentier semble en très mauvais état, donc nous partons en direction du Colle della Rossa. Là, on commence à passer dans une autre dimension, la montagne s’impose. Le sentier est minimaliste, la terre disparaît, la rocaille commence à dominer.

Le sentier zigzague tout le long d’une première pente bien raide sur laquelle un troupeau de bouquetins nous fait le plaisir de se montrer.

C’est un spectacle fantastique et nous en profitons pour faire une pause. Nous approchons les 1 500 m de dénivelé non stop depuis le début. 

Pour le moment c’est raide mais ça roule encore correctement. Faut pas trop penser à la chute mais à part glisser, nous ne risquons pas grand chose. Nous passons un dernier replat avant d’attaquer le final.

Mais où va t’on? Quand je lève les yeux vers les crêtes, je m’inquiète car le sentier me semble bien engagé. 

“T’inquiète, c’est un peu raide mais ça devrait passer, me dit Blaise !”. 

Un peu raide ??? On est monté droit dans la pente puis dans les rochers. Blaise et François s’en sortent bien tout seuls à porter leur VTTAE.

Mais moi, c’est pas la même histoire quand il faut commencer à faire des pas de géant avec mon vélo à la main. François viendra m’aider à passer ces petits pas d’escalade. 

Car en plus, de la difficulté technique (même à pied), nous sommes en face nord et les derniers névés de l’hiver font ruisseler de l’eau par endroits, ce qui rend le sentier humide et glissant – histoire de mettre un peu plus d’ambiance. 

On monte tant bien que mal, mais maintenant que j’en vois la fin, je commence à penser à la descente! Si c’est aussi technique, ça ne sera pas une partie de plaisir! Mais bon, allons déjà jusqu’au col et nous verrons bien.

50 m avant le col, la pente s’adoucit et nous permet de finir sur le vélo à 3200m d’altitude, c’est quand même magique !

Du col, nous voyons le Mont Rose au loin. Le temps est magnifique, il n’y a même pas de vent, les galères de la montée s’oublient alors immédiatement! Que c’est beau ! Qu’on est bien ici dans les montagnes.

Et bonne nouvelle, le versant sud n’a rien à voir avec le nord. La descente s’annonce bien. 

Tellement bien que François s’imagine que cela pourrait être un départ d’une “Enduro World Alpinismo”. C’est vrai que là, on pourrait faire concurrence au départ de “Top of the World” à Whistler. 

François se lance le premier au travers du pierrier. Très à l’aise au guidon de son GLP 2, il dévale rapidement la zone la plus technique sans que j’ai le temps de le prendre en photo. Blaise et moi (surtout moi) assureront un peu plus pour rejoindre le premier replat. Le sentier se roule relativement bien malgré l’altitude. En se retournant, on est bien impressionné en regardant où l’on vient de passer.

Puis le sentier descend progressivement avec une alternance de replat et de pente. C’est un plaisir de rouler dans ce décor.

Nous avons déjà dévalé plus de 1 200 m de dénivelé. Les arbres commencent à réapparaître. C’est la dernière portion de la descente. Le sentier sillonne entre les conifères. C’est un enchaînement de virages en terre incessant et pentus. On en a mal aux bras et on se fait une ou 2 haltes pour récupérer un peu avant de finir le long du torrent de Valnontey pour rejoindre la prairie de St Ours.

Quelle matinée! nous sommes ravis ! Et surtout il nous reste presque 3/4 d’une batterie et il est à peine midi !

Du coup, direction un petit resto pour reprendre des forces, recharger notre 1ère batterie vide et programmer une autre sortie après un bon plat de pâtes.

La journée est loin d’être terminée…

En début d’après-midi, nous remontons en selle. Direction del Passo dell Invergneux.

Ce col a été identifié dans le guide comme le plus beau col à faire en VTT… 

Il est donc assez fréquenté par les vttistes (surtout des Suisse-Allemand) qui monte par la piste ou le font une navette jusqu’au départ du sentier terminal. Reste alors 300 m de poussage jusqu’au col pour y acceder.

Mais comme on n’aime pas faire les choses comme tout le monde, on décide de le faire à l’envers et surtout sans navette. Nous voilà repartis en mode EMTB sur les sentiers Aostien. Pour éviter de croiser du monde, on prend une variante sur la première partie qui passe en rive gauche et non en rive droite pour le sentier traditionnel.

Puis nous rejoignons la trace classique vers 2000 m d’altitude là ou le vallon commence à obliquer sur la droite, à se redresser et à se rétrécir avant de se rouvrir plus haut. 

Les difficultés principales se trouvent au niveau de ce ressaut. Il y a quelques zones de poussage en montée mais cela reste court. Nous y croisons quelques vtt qui descendent et nous faisons attention de les laisser passer sans les gêner car ils semblent pas tous maîtriser correctement leur monture sur ce type de terrain. 

Ce col est sûrement l’un des beaux cols à faire et facilement accessible en VTT dans la région mais cela incite beaucoup de monde à s’y engager… Rappelons que nous sommes tout de même en montagne et qu’il faut un certain bagage technique pour éviter tout problème. 

Après ce ressaut technique, le vallon se réouvre, la pente s’aplanit, on se croirait sur les plateaux de Mongolie. Il n’y a plus de difficulté jusqu’au col mais c’est encore long et il nous reste plus beaucoup de batterie.

Arrivé à 2 900 m d’altitude au Passo dell Invergneux, on ne traine pas, un petit vent frais nous refroidit vite.

La descente de ce côté (qui est la montée classique en portage ou poussage pour les VTT) n’est pas des plus agréable à rouler (300 m de dénivelés négatifs au travers un pierrier jusqu’à une piste) jusqu’au replat où se situe une grosse ferme en activité.

On rejoint alors le GR en rive gauche où la végétation est plus abondante pour descendre jusqu’à Cogne.

Ce dernier sentier est juste magnifique. Un vrai sentier de montagne/moyenne montagne assez technique mais pas trop raide. A un moment, on borde un énorme amas de rochers qui avance progressivement et qui commence à recouvrir le sentier. C’est impressionnant.

La lumière du soleil commence à être rasante, l’air est pur, la nature est envoutante, tout ce qu’il faut pour se régaler. 

Par contre, en fin de vallon, le sentier traverse la rivière et remonte en rive droite pour éviter un peu plus loin un falaise traversée par une grosse cascade.

Nous y laissons nos derniers pourcentages de batterie, nous avons été un peu gourmand en dénivelé aujourd’hui. Heureusement, cela ne dure pas trop longtemps avant de rejoindre une dernière portion de sentier descendant qui nous amène jusqu’aux voitures. 

Quelle journée! 2 grands cols à plus de 3 200 m et 2 900 m, 2 ambiances complètement différentes, des sentiers magnifiques et techniques, plus de 3 300 m de dénivelé avalés et 55km parcourus, le pays d’Aoste nous a vraiment conquis !

Embarquement immédiat en vidéo avec Nadine et François pour les montagnes d’Aoste !

  1. Bravo pour le reportage. Je connais bien le coin pour l’arpenter à pied l’été. C’est magnifique en effet. Super le vallon du Grauson. J’ai prévu le passo Invergneux aussi en VTTAE dès que c’est roulable.
    Il y a plein d’autres vallées secondaires de la vallée d’Aoste qui méritent le détour

    1. Tu as bien raison. Nous aussi, on va y retourner pour faire d’autres cols ou sommets mais attention tout n’est pas roulable dans le coin… On en sait quelque chose!

    1. Salut, avec l’expérience, on sait qu’on peut faire un certain dénivelé (pour nous environ 1400/1500m avec les 500Wh) donc on se cale là dessus. On a toujours une 2ème batterie dans le sac. Donc on peut faire de grosse journée sans pb en roulant en eMTB.
      Mais c’est vraiment fonction de ton gabarit, de ta façon de pédaler et de ton niveau…
      A+

  2. Top ! Ça fait rêver. Je suis d’accord avec le commentaire précédent, un film plus long sera le (très) bienvenu 😉 Bravo à tous, et en particulier à Nadine 👍

    1. Merci Titi pour ton commentaire et c’est bien noté pour le film! (Je regrette surtout de ne pas avoir pris la caméra l’après midi, vous en auriez eu pour vos 20min)!
      Bon ride
      Nadine

    2. La boucle anti-horaire se fait bien en vttae avec un court portage/poussage pour sortir le colle d’invergneux. La descente qui suit est quand même dans le top 5 du Val d’Aoste. A 2600m, au croisement de pistes, il y a même une borne autonome de recharge batteries. Pas besoin de navettes en électrique 🙂

  3. Merci pour cet épisode, et quel épisode ! On a qu’une envie, prendre le vélo et aller rouler !! Merci merci on s’y croirait !
    Vous roulez essentiellement en GLP 2 où c’était pour l’occasion? Quel retour sur ce vélo ?
    Encore merci, bisous des Pyrénées Ariégeoise.

  4. C’est le grand paradis pour cycliste !!!!! plus roulant que le Mercantour il me semble (?) ça me tente bien avec les deux batteries de mon Méta-Power cet été…

  5. Désolé mais on ne doit pas faire parti du même monde.
    La première journée d’accès au refuge Vitorio Sella a été un enfer. Impossible de rester plus de 5 mn sur le vélo. D’énormes marches à franchir, des pierres en travers infranchissables pour canaliser l’eau. Nous avons fourni un effort surhumain pour pousser nos vélos électriques de plus de 20 KG. A mi chemin, nous avons carrément abandonné nos vélos et terminé à pied. Les autres cols que vous indiquez, nous les avons fait à pied, et c’était déjà très éprouvant. Impossible à passer avec des vélos électriques, à moins que vous soyez des surhommes.
    A notre avis, ce circuit n’est pas du tout adapté aux VTTAE.

    1. Bonjour, comme dans tous les sports, il faut savoir jauger son niveau et ne pas s’aventurer au de là de ses capacités, surtout, surtout en montagne!!
      Nous, nous sommes des spécialistes du VTTAE et nous avons un niveau physique et technique qui nous permet de faire des sorties engagées même en altitude. Votre aventure sur 2 jours, nous l’avons bouclée en une matinée et nous avons enchainé sur une autre portion l’après midi comme indiqué dans l’article.
      Il y a donc effectivement une grande différence de niveau.
      Personnellement, j’adore l’alpinisme mais je ne me lancerai jamais dans l’ascension des voies extrêmes du Mont Blanc et pourtant je me régale à lire les livres s’y reportant.
      A bon entendeur
      Nadine

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