Nouveauté Bosch – eMTB, le mode d’assistance par nature…

Depuis que l’offre VTTAE se démocratise, c’est un acquis : les systèmes les plus performants proposent différents modes d’assistance à choisir par commande au guidon, du plus sobre au plus puissant.

C’est notamment le cas des assistances Bosch, proposant quatre niveaux : Eco, Tour, Sport et Turbo, les biens nommés. Une donne qui évolue avec le mode Bosch eMTB dévoilé ces jours-ci.

Explications et premières impressions venues du terrain > VTTAE.fr vous en dit plus sur cette évolution intéressantes à certains égards…

 


Temps de lecture estimé : 7 minutes


 

 

Jusqu’à présent

La subtilité se situe autour de la manière avec laquelle l’assistance délivre sa puissance. Les modes Eco, Tour, Sport et Turbo actuels offrent une aide relativement constante à partir du moment où elle se déclenche.

On entend par là que si l’on ne change pas de mode, le moteur fournit un niveau d’assistance grosso-modo similaire, quels que soient la force et/ou la vitesse à laquelle on sollicite les pédales.

Le mode Eco offre une assistance intéressante à faible rythme, mais il faut monter dans les modes au fur et à mesure que l’on forcit l’allure. Même constat à l’inverse : le mode Turbo se déclenche de manière violente lorsque l’on roule sans attaquer.

 

 

Avantages / inconvénients

L’avantage d’un tel comportement est de procurer le fameux effet boost que certains apprécient. Un simple coup de pédale en mode Turbo permet une accélération fulgurante. Un peu comme on se prête au jeu d’accélérer de manière abusive avec une voiture puissante, pour en mesurer les capacités.

Mais les inconvénients à ces modes “constants” ne manquent pas. La puissance instantanée du mode Turbo n’est pas toujours évidente à dompter : on peut se laisser surprendre en forte côte et dans les zones scabreuses, où le cabrage intempestif et/ou la perte de motricité peuvent handicaper.

“Effet boost, maestro du changement…”

À contrario, la faiblesse des modes les plus sobres peut porter préjudice lorsque, face à l’imprévu, la puissance serait nécessaire l’espace d’un instant pour franchir, se rééquilibrer, ne pas s’arrêter. La motorisation semble alors un peu creuse…

Jusqu’à présent, pallier à ces comportements nécessitait d’être un maestro du changement de mode grâce à la commande au guidon, ou bien de développer tout un bagage technique particulier à la pratique du VTTAE…

 

 

Nouvelle approche

Le mode d’assistance Bosch eMTB s’attaque à ça. Très concrètement, il remplace le mode Sport que l’on connaissait jusqu’à présent. Il fait la passerelle entre les modes Tour et Turbo qui l’encadrent.

Pour ce faire, le niveau d’assistance qu’il délivre n’est plus constant, mais évolutif. Il s’adapte aux puissances et cadences du pilote, mesurée par les capteurs du système, pour ajuster la prestation du moteur.

À faible allure, l’assistance équivaut à celle du mode Tour. Si l’on force le coup de pédale, elle progresse, jusqu’à être aussi puissante que le mode Turbo, lorsque le pilote s’emploie lui aussi de manière importante.

 

 

Sur le terrain…

À l’usage, il suffit d’une petite expérience pour s’en convaincre : pédaler tranquillement en mode Tour, puis passer en mode eMTB : on ne sent aucun gain d’assistance, les deux sont bien équivalents.

S’employer ensuite à développer une belle puissance au pédalage. On sent l’assistance grandir avec notre propre coup de pédale toujours plus vigoureux. Jusqu’à un certain point où, si l’on passe en mode Turbo, on ne ressent à nouveau pas d’à coup. L’assistance s’y est bien accommodée d’elle-même.

La prestation du mode Bosch eMTB se rapproche de ce que le Nyon, solution haut de gamme de la marque, permettait jusqu’à présent avec son option de personnalisation des modes d’assistance. Ici, la calibration du mode eMTB va plus loin, et affranchit de paramétrer quoi que ce soit. Tout est fait de manière automatique.

 

 

Première expérience

Un mode que l’on a mis à l’épreuve une journée durant, à l’occasion du Bosch eMTB Challenge de Riva Del Garda. Une virée VTTAE de 40km et 1300m de D+/- entrecoupée de secteurs à propos, spéciales montantes et descendantes, pour mettre les différents modes à l’épreuve.

En côte, tant que le terrain reste roulant et la pente tranquille, rien ne vaut le mode Eco pour favoriser l’autonomie de la batterie. Quelques passages en mode Tour suffisent pour ne pas rester scotché dans la pente et progresser à allure raisonnable.

 

 

Tout en finesse…

Lorsque le terrain devient scabreux, le mode eMTB s’affirme. Outre le placement du pilote sur le vélo, l’intensité de l’effort déployé par les jambes entre en jeu pour motricer sans cabrer. Attitude zen et souple pour monter au train, coup de rein pour franchir, sans subir d’à-coup ou de manque d’assistance.

On profite de la puissance du mode Turbo, sans ses coups de boutoirs. Le rendu est très proche de ce que l’on peut connaitre sur un vélo traditionnel. On retrouve une certaine facilité de gestion de la propulsion, notamment dans toutes les situations de franchissement et de pédaler/freiner.

“Comme une boite auto : pied au plancher !”

D’autant plus qu’à contrario des autres modes, le mode Bosch eMTB est configuré pour débuter l’assistance plus tôt : dès la cadence de 20 tours/minute nous dit-on. Noté sur le terrain, il débute effectivement de manière plus souple et plus précoce que le mode Turbo. Une vraie aide au démarrage en côte !

Plus haut, il permet de compter sur l’assistance comme sur une transmission automatique de voiture : pour accélérer > pied au plancher ! La puissance est là dans l’instant.

 

 

Retour du coup de rein…

À ce propos, une des techniques de franchissement à VTT consiste à faire usage du fameux coup de rein. Cette petite impulsion, qui met à profit la transmission pour générer un petit surplus de vitesse et passer outre l’obstacle.

Jusqu’à présent, l’assistance électrique pouvait avoir tendance à lisser ces initiatives bien connues des VTTistes traditionnels. Réactif et fidèle aux sollicitations du pilote, le Mode eMTB remet cette technique au goût du jour.

Franchissement de marche, de coup de cul, de raidars, d’épingle serrée à la montée… Relance en sortie de virage en asseyant le vélo pour profiter de l’appuis… Autant de cas de figure où la technique traditionnelle reprend le dessus.

 

 

Rapprochement en vue ?!

D’une manière plus générale, l’apparition du mode Bosch eMTB est un pas vers le rapprochement entre VTT traditionnels et VTTAE. Du moins dans la pratique, puisque les sensations et la nature du bagage technique à développer pour en tirer parti sont proches.

Avec ce mode, le niveau d’assistance suit désormais l’effort du pilote. Il est toujours présent, mais l’intensité et donc la consommation va de paire avec celle, physique et personnelle, de l’humain au commande. Plus de risque donc de subir quelconques écarts entre les deux, parfois synonymes de perte de contrôle la fatigue venant.

“Un mode pour prendre de bonnes habitudes…”

En facilitant l’accès à la puissance et sa maîtrise, tout en l’asservissant de manière plus évidente à la prestation du pilote, le mode Bosch eMTB montre un visage plus naturel. Joli pari que celui de concilier puissance et maîtrise, accessibilité et sportivité.

Très certainement un mode qui incite à prendre de bonnes habitudes. Pas nécessairement en vue de performance à l’état pur, mais bien en matière de maîtrise, de consommation et de technique de pilotage plus en rapport avec l’environnement qui nous entour. Une bonne chose pour se fondre avec d’autres vélos, traditionnels.

 

 

Pour qui ?!

On le comprend, mon enthousiasme au sujet du mode Bosch eMTB provient de sa proximité avec la pratique du VTT traditionnel. Ceux qui ont appris à piloter sur ces montures sans assistance, et qui ont développé un certain bagage technique, peuvent s’y retrouver.

À contrario, ceux qui viennent de la moto, et retrouvent dans le VTTAE toutes leurs sensations passées, notamment la traction des bras que procure la motorisation, seront plus circonspects. Ils continueront à faire usage des modes Turbo et Tour qui restent disponibles.

Les débutants, quant à eux, trouveront dans le mode Bosch eMTB, une aide à la gestion de l’assistance intéressante. Moins besoin de changer de mode, l’électronique le fait pour eux. Plus de surprise lorsqu’il s’agit d’utiliser la pleine puissance, sa mise en oeuvre est adoucie.

 

 

Où, quoi, quand ?!

Pour profiter du mode Bosch eMTB, il suffit d’une mise à jour logicielle. Aucun nouvel équipement matériel nécessaire. L’opération de re-programmation se fait en magasin, chez les concessionnaires agréés Bosch.

Ce sont eux qui, habilités à ce type d’intervention, ont la charge de mettre à jour l’électronique du système. Une opération disponible au mois de juillet. Rendez-vous est pris !

 

Présentation du mode Bosch eMTB sur le site de la marque : 

https://www.bosch-ebike.com/fr/actualites-et-articles/actualites/no-trigger-le-nouveau-mode-emtb/

 

Rédacteur
  1. Merci Antoine pour cet essai!
    Ça a l’air très intéressant ce mode, mais j’ai des questions :
    – Est-ce qu’on pourra revenir aux quatre modes habituels si jamais on se rend compte que le mode E-mtb ne nous convient pas? (Sauvegarde de la configuration précédente)
    – Dans une optique de compétition VTTAE enduro, est-ce que les modes Sport et Turbo ne restent pas plus intéressants niveau “explosivité” pour les spéciales?

    1. Bosch indique qu’un “Downgrade”, pour revenir à la configuration sans mode eMTB sera possible. Effectivement, en matière “d’explosivité” le mode Turbo reste inégalable en matière de performance pure. Mais dans certains cas, il demande à développer un bagage technique spécifique à son usage, là où le mode eMTB peut apporter de la souplesse d’usage… Une notion qui a du sens aussi en matière de performance > certains pilote de F1 l’ont redécouvert au moment du passage de la catégorie reine aux moteurs hybrides. C’est notamment dans ce domaine qu’un bon nombre de progrès ont été fait par certains motoristes lors des premiers temps de développement… On s’égare, mais le parallèle a du sens 😉

      1. Tout d’abord merci pour ta réponse.
        Donc si je récapitule, le mode eMTB remplace le mode Sport tel qu’on le connaît.
        Il permet de varier la puissance entre celle fournie dans le mode Tour, celle fournie dans le mode Sport et celle fournie dans le mode Turbo, et ce de manière “automatique” en fonction de l’effort du pilote.
        Malgré tout, les modes Eco, Tour et Turbo “classiques” restent disponibles tels quels.
        C’est bien ça?

  2. Bonjour,
    Question qui n’est pas soulevée…quid du coût de cette manipulation ?
    – Pris en charge si VTTAE encore sous garantie ?
    – Si je reçois mon VTTAE en juin, j y retourne en juillet…gratuit ?
    – Si facturation, comment celle-ci est elle facturée ? Non parce que brancher le dongle et cliquer sur “update” 🙂

    Merci pour les précisions.

    1. Bosch indique rendre la mise à jour gratuite auprès de ses magasins partenaires, sans pour autant préciser le contenu exact des directives qui leurs seront données. L’idée reste que cette mise à jour ne soit pas facturée, mais fasse partie des services offerts aux clients des magasins concernés… Donc mise à jour possible quel que soit le cas énoncé 😉

  3. Bonjour.Bonne évolution,il aurait été judicieux d’installer en chiffres le % de watts restants dans la batterie

  4. bonjour
    voila mise a jrs effectué ……
    et la que du bonheur !!!!
    voila 2/3 info sup… avec la batterie charge au max en mode 100% e.mtb
    résultat : 38km 1250 D+ 1250D-
    sur un chemin très technique (type dh enduro) en monté le mode aide vraiment .
    cela permet de garder une vitesse constant sans soucier du mode et la il reste juste a bien sélectionner ca vitesse .
    en parlant de vitesse, ca me semble plus doux en pleine charge
    pour les amoureux de chemin technique je le conseille ,et en plus les autres mode tjours present donc quoi de mieux !!!

  5. Bonjour,
    Question à Cartouche:
    38 km; 1250m D+Et autant de D-…il restait combien dans la batterie à l’arrivée?
    Question à tout le monde:
    Avez-vous noté, comme moi, le sifflement qu’émet le moteur (Bosch) à l’accélération? Ou bien était-ce un disfonctionnement de celui du copain qui roulait à côté de moi?

  6. Ce mode Emtb ne me convient pas du tout puis-je revenir aux 4 modes parfaits pour moi et ce moteur Bosch performant aussi est extra.
    Motif : je fais 3/4 de route et 1/4 VTT facile, mes sorties sont entre 70 et 100 km j ai deux batteries pour cela. Sur les longues montées de difficilte moyenne ou fort vent, le mode sport était parfait. Maintenant je n ai plus que Tour insuffisant et Turbo trop fort.
    Mes deux sœurs équipées comme moi ont le même problème
    Merci de vos réponse et solutions.
    Jacqueline GIRAUD / CH- 1270 TRELEX Suisse
    jkygiraud@bluewin.ch

  7. @Giraud Jacqueline:
    la mise à jour est réversible, donc il suffit de retourner chez votre revendeur pour réinstaller la version précédente du logiciel… ou bien utiliser le mode e-mtb: au final c’est un mode sport plus agréable car plus progressif et avec plus d’allonge au besoin.

  8. Bonjour Antoine. Une question concernant le compteur : Je ne me suis pas servi de mon vélo depuis 2 mois, j’ai rechargé la batterie mais le compteur ne s’allume plus ! Est-ce un problème de mise à jour ou une défaillance technique ? Est-ce déjà arrivé à d’autres utilisateurs ? Merci pour votre réponse.

  9. Bonjour,
    (Je précise que je ne suis jamais monté sur un VTT AE, ma question est donc peut-être naïve ou idiote)

    Avec une assistance électrique variable automatiquement, quel est l’intérêt de plusieurs vitesses mécaniques ? En posant la question autrement, quel est le critère de choix d’une vitesse mécanique plutôt qu’une autre quand on dispose d’une assistance variable automatiquement ?

    1. Deux raisons expliquent que l’usage des vitesses mécaniques garde un intérêt. La première est la législation qui impose que l’assistance soit indissociable du mouvement de pédalage. En pratique, cette contrainte implique que la vitesse de rotation en sortie du moteur soit liée à la vitesse de pédalage en entrée. Dans le cas d’une assistance variable, c’est donc l’effort apporté par l’assistance (le couple) qui varie, pas la vitesse.
      La seconde est une contrainte physique. Le rendement d’un moteur n’est pas constant, il varie en fonction de sa vitesse de rotation. D’un point de vue énergétique, les moteurs ont donc une plage d’utilisation restreinte à laquelle leur rendement est meilleur. Utiliser les rapports de vitesse “mécanique” permettent de maintenir le moteur dans cette plage de fréquence de rotation.

  10. Merci pour cette réponse.
    Je ne vois rien dans la législation qui lie la vitesse de rotation du moteur à la vitesse de pédalage : il faut juste, me semble t-il, qu’on soit en train de pédaler (=> capteur “on/off” de rotation des pédales).
    Par ailleurs, il me semblait qu’un des avantages des moteurs électriques sur les moteurs thermiques était justement leur très grande plage d’utilisation (couple maxi quasiment de 0 à Vmax), d’où la suppression des boites de vitesse sur les voitures électriques.
    N’est-il pas possible d’imaginer qu’une prochaine génération VTT AE prendra en compte l’existence de mode tel que le E-MTB pour revoir cette nécessité d’avoir des vitesse mécaniques ou, du moins, d’en diminuer très fortement le nombre (trois ?) afin de simplifier le pilotage ?
    Merci pour vos articles.

    1. Effectivement, comme tout texte législatif, il existe une part d’interprétation, mais pour l’heure, ce lien reste d’actualité. En ce qui concerne le rendement, la plage est effectivement plus large pour un moteur électrique , mais le rendement de l’assistance au globale ne dépend pas que du moteur : batterie, électronique de distribution de l’énergie, capteurs, analyse, engrenages… Les solutions étant, de plus, différentes d’une assistance à l’autre, les résultats à l’usage sont différents. Pour l’heure, la transmission traditionnelle est donc toujours d’actualité, mais qui sait ?! 😉

  11. Chez mon marchant celui-ci me facture un forfait tranquillité+mise à jour bosch 106€80 TTC.
    Une chaîne, une k7, une paire de galets et un pignon moteur.
    J’ai réalisé 1300 kilomètres en 6 mois .
    Normal ou pas ?

  12. bonjour, je voudrais savoir comment débrider mon vttae avec le Display:
    Bosch Purion LCD. Integrated controls.
    Merci.
    Cordialement

  13. J’utilise pour la deuxième fois (chaque fois pendant 40km et dans la grosse boue) lors de randos organisées 02bikers mon nouveau Cube stereo hybrid et trouve le mode emtb tout simplement sensas, moins brutal que le Turbo (détesté par les autres vététistes “musculaires” parce que ça abime le terrain), bcp mieux que le mode ECO plutôt poussif, peu testé le mode Tour…
    Vu mon peu d’expérience en electrique après seulement deux sorties (mais 20 ans en musculaire), je suis enchanté d’apprendre que la batterie tient 40km avec un dénivelé positif de 1300 mètres, un tel dénivelé étant quasi inexistant en Belgique!
    Pas évident de savoir quel mode utiliser avec une toute nouvelle machine, surtout électrique, me voilà rassuré!
    En tout cas, après autant d’années de pratique, je suis enchanté de cette bécane très agile malgré des roues de 29′ et un poids de 24kg (c’est un full suspendu).

  14. Eh bien moi je ne suis pas du tout contente du mode EMTB. J’ai fait faire la révision des 400 kms de mon vélo cargo spicy curry qui est extra. et oh surprise, je constate qu’une mise à jour a été faite, que je n’ai plus de mode sport mais emtb, alors que je n’ai rien demandé et surtout qu’on ne m’a rien dit… Bon je me dis ça a changé de nom, mais à force d’utilisation, je me rends compte que ce n’est pas la même sensation (le mode sport était le mode que j’utilisais le plus et il me convenait parfaitement). Pour mois l’EMTB est idem au mode tour, je ne sens absolument pas la différence. J’espère que je pourrais revenir en arrière!!!!

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