Test du Haibike Hybe CF 11 2026

Une sacrée remise à niveau !

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a eu du boulot de fait chez Haibike avec ce Hybe CF 2026… On peut même parler d’une sacrée remise à niveau ! En effet, pour cet enduro polyvalent, la marque allemande a choisi les bonnes options côté châssis et les composants les plus judicieux du moment pour la pratique du VTTAE sportif relativement engagé. Et comme avec la motorisation Bosch CX-Race et sa dernière mise à jour, les performances revues à la hausse de l’assistance collent parfaitement avec le caractère vif et joueur de l’engin, tout semblait réuni pour bien se faire plaisir. Ce qui s’est rapidement confirmé sur le terrain, le Hybe CF 11 étant certainement le meilleur VTT à assistance électrique jamais proposé par Haibike. On vous explique pourquoi…

Par Chris Caprin – Photos : Chris Cap et Fagerbé

Haibike Hybe CF 11

  • Usage all mountain/enduro
  • Roues de 29 pouces à l’avant et 27,5 à l’arrière
  • Débattement 170 mm AV et 160 AR
  • Cadre en carbone
  • Reach 451 mm et Stack 642 mm en taille M, offset (déport de fourche) 44 mm
  • Motorisation Bosch Performance Line CX-R New Generation 250 watts, 100 Nm, puissance maxi 750 watts en crête
  • Batterie Bosch Powertube de 800 Wh Console et commande : Bosch Kiox 400C, Mini Remote
  • Modes d’assistance : 4 (Tour, e-MTB , eMTB + et Race) + assistance à la marche
  • Réglages des paramètres : oui, avec l’application e-Bike Flow
  • Pneus Continental Kryptotal 29×2.40 AV et Kriptotal 27,5×2.50 AR
  • tailles (S, M, L, XL)
  • Poids vérifié : 23,25 kg en taille M
  • Prix du modèle testé : 11 000 € 3 modèles à 7 499 , 10 000 et 11 000 €

Jusqu’au début des années 2020, les VTTAE de chez Haibike n’étaient pas particulièrement joueurs et maniable. Ils passaient à peu près partout, certes, mais l’ensemble se montrait relativement fade, sans réelle saveur au niveau du pilotage. En gros, un peu à l’instar d’un Giant, ça faisait le job, mais on ne s’amusait pas vraiment au guidon.

Et dans sa première mouture, le Hybe et sa motorisation Yamaha ne dérogeait pas à la règle… Mais pour 2026, il y a du nouveau et c’est vrai que dès les premiers tours de roues avant d’attaquer l’essai pur et dur dans les chemins, j’ai tout de suite noté le côté dynamique, assez compact et nettement plus maniable de cette nouvelle génération du Hybe !

Si le châssis est complètement nouveau pour 2026, on reste évidemment sur du carbone de bonne qualité. A la place du bloc Yamaha PW-XM, le cadre accueille désormais le nouveau moteur Bosch Performance CX-R à deux points d’ancrage avec axe traversant, et forcément, ça change beaucoup de choses… Surtout que l’on dispose aussi d’une console Kiox 400C parfaitement intégrée dans le top tube et d’une batterie de 800 Wh.Cette dernière sort facilement du cadre en faisant pivoter la partie avant du sabot qui se trouve devant le moteur et dans le prolongement du tube diagonal.

Avec ce Hybe nouvelle génération, même en conservant un montage de roues MX (29/27,5 pouces), Haibike se démarque donc clairement de l’ancien modèle en termes de design et de technologie. Par exemple, pour plus de rigidité, le démontage de la batterie ne nécessite plus d’ouverture, ni de capot sur le devant du tube diagonal, alors que pour laisser de la place à un moteur Bosch positionné à la verticale, l’amortisseur est désormais situé sous le top tube.

Côté géométrie, on a un angle de fourche de 64,5°, plutôt proche de ce qui se pratique aujourd’hui davantage sur un gros all mountain que sur un enduro. On soulignera également un tube de selle bien relevé à 77,6°, mais tout de même un poil long et des bases juste dans la moyenne pour du 27,5 pouces (450 mm). En plus, le triangle avant, lui, bien qu’assez compact, annonce un Stack plus important et une colonne de direction assez haute (120 mm en taille M), ce qui n’est pas pour me déplaire, moi qui mesure 1,80 m et aime bien rouler sur du taille M en e-bike.

En ce qui concerne la hauteur de boîtier de pédalier, je l’ai mesuré à 343 mm…Pour un VTTAE, c’est plutôt bien – surtout monté avec des manivelles en 160. En gros, ça ne devrait pas trop taper par terre dans les montées techniques parsemées de pierres et les petits goulets étroits où l’on est obligé de pédaler.

Composants

Côté accessoires, hormis les éléments de suspension dont nous parlerons un peu plus loin dans l’article, on trouve le top du top avec des freins Sram Maven Ultimate équipés de disques HS2 plus épais de 220 mm à l’avant et 200 à l’arrière, une transmission Sram Eagle XO AXS T-Type, un pédalier Sram XO avec un plateau de 34 dents et des manivelles en aluminium de 160 mm de long. Quant à la tige de selle télescopique, c’est une RockShox AXS nouvelle génération en 34,9 de diamètre avec 170 mm de débattement (même en taille M), un avantage à mon avis lorsque l’on s’attaque à des descentes relativement engagé – ce qui est tout à fait dans les cordes de ce modèle dédié à une pratique entre le all mountain et l’enduro…

En ce qui concerne les accessoires de base, comme le cintre Truvativ carbone, la potence et les poignées, c’est assez moyen, alors que la selle Prologo Proxim, trop glissante et sans dosseret à l’arrière, n’est pas du tout adaptée à la pratique du VTTAE…

Enfin, pour le train roulant, nous avons affaire à des roues DT Swiss H 1501, chaussées de pneus Continental Kryptotal 29×2.40 à l’avant et Kriptotal 27,5×2.40 à. l’arrière… Pour l’avant, avec une gomme pas trop dure, ça passe, mais sur le sec et la caillasse, ce n’est quand même pas l’idéal. Et à l’arrière, là, c’est carrément inapproprié, avec une section de 2.40 un peu juste et une carcasse légère qui demande à trop monter en pression pour ne pas crever…

Suspensions

A ce niveau-là, sur le Hybe CF 11, avec une fourche RockShox ZEB Ultimate 170 et un amortisseur Super DeLuxe Ultimate en 160, objectivement, on est sur du très bon niveau. Les progrès réalisés dernièrement par RockShox placent ces suspensions parmi les meilleurs du marché… Même s’il s’avère que les éléments 2027 que nous avons essayé récemment sont nettement un cran au-dessus. Mais ça, c’est une autre histoire !

Sur la ZEB Ultimate, on note aussi la présence des Butter Cups qui se chargent d’offrir une onctuosité supplémentaire bien appréciable. De plus, ce sont des éléments de suspensions qui sont faciles à régler et ensuite, on n’y touche plus… et ça marche.

Réglages

Comme d’habitude, une fois le réglage des Sag effectué, j’ai ensuite pris le temps d’affiner légèrement. En ce qui me concerne, j’ai opté pour un certain confort et je suis parti dans l’idée d’avoir des suspensions qui fonctionnent de manière homogène et progressive sur l’intégralité du débattement, en allant presque à la limite du talonnage sur les très gros chocs.

Pour un pilote de 65 kg, voilà les réglages que je préconise…

RockShox ZEB Ultimate 170

• 65 psi en pression d’air et un token dans le plongeur gauche pour un Sag autour de 25 %

• Compression basses vitesses : – 4 du plus ouvert (sur 16 clics)

• Compression hautes vitesses : ouvert à fond (sur 8 clics)

• Rebond basses vitesses : – 2 du plus ouvert (sur 14 clics)

• Rebond hautes vitesses : – 3 du plus ouvert (sur 8 clics)

RockShox Super DeLuxe Ultimate  160

• 150 psi de pression d’air pour un Sag de 30 %

• Compression basses vitesses : – 2 (sur 14 clics) du plus ouvert

• Rebond : – 8  (sur 14 clics) du plus ouvert

Moteur et batterie

La puissance de la nouvelle motorisation Bosch Performance Line CX se déploie de manière dynamique et précise en fonction de chaque manœuvre et répond exactement à chaque coup de pédale particulier. Ceci a été rendu possible grâce à un remaniement des différents capteurs de haute performance, qui mesurent avec précision l’action de la pédale à un rythme de plus de 1 000 fois par seconde. Ils sont nombreux à intervenir, dont un capteur de cadence à haute résolution et un capteur doté d’une technique de mesure extrêmement précise du couple. D’autres capteurs inertiels (IMU) mesurent également l’accélération et les taux de rotation en six dimensions et détectent ainsi plus facilement les angles d’inclinaison et de pente, ainsi que les secousses.

Sur le papier et grâce à ses deux mise à jour successives en moins d’un an, on peut dire, que, sur le papier, la nouvelle motorisation Performance Line CX a gagné en polyvalence. En redonnant du peps à son Performance CX de 5e génération, Bosch. La marque allemande annonce désormais les chiffres de 120 Nm de couple, 600 % d’assistance (jusqu’à 15 km/h) et toujours 750 watts maxi quel que soit le mode. En eMTB +, le moteur est censé offrir une puissance quasiment identique au mode Race, mais en équilibrant davantage la pleine puissance grâce à la fonction “Dynamic Control”. Ce système s’appuie sur les capteurs mis en place sur la dernière version du CX pour offrir une motricité et une traction assez exceptionnelles, qui devrait permettre d’utiliser au mieux le surcroit de puissance maxi et de couple qu’apporte la mise à jour.

Et puisque l’on parle de puissance, il est bon de préciser que le moteur Performance CX-R (le Race, quoi !) qui équipe le Haibike bénéficie évidemment des dernières évolutions techniques du Bosch CX génération 5. Il gagne même sur la balance et reste légèrement plus efficace que la motorisation de base sur tous les modes – surtout sur le Race, évidemment – où le soutien de l’assistance semble ne jamais vouloir faiblir. Pour peu que l’on prenne soin de ne pas monter le curseur d’assistance à + 5…

Car sinon, même si l’on bénéficie bien des 600 % maxi, ces derniers disparaissent dès que l’on atteint les 15 km/h et cela change considérablement le comportement typique du Race… Ce qui est toujours bon à savoir ! Notez aussi que la fonction Extended Boost – le prolongement de l’assistance après l’arrêt du pédalage, qui assure une poussée supplémentaire lorsque l’on souhaite s’attaquer à de gros franchissements –, sera très bientôt réglable dans sa durée et cela sur tous les modes. Rendez-vous cet été sur eBike Flow pour une nouvelle petite mise à jour.

On notera également que pour le Hybe, Haibike a fait le choix de l’autonomie maxi en montant d’origine une batterie Powertube de 800 Wh. Pourquoi pas, mais en ce qui me concerne, j’aurais tendance à préférer l’option de la 600 Wh avec PowerMore de 250 Wh… Cela permet en effet de bénéficier d’un VTTAE plus léger pour les sorties de moins de trois heures (ça placerait le Hybe autour des 22,5 kg), tout en montant à 850 Wh pour les raids de plus longue distance – sans que cela vienne trop plomber le vélo pour autant…

Enfin, même s’il est obligatoire de mettre le vélo à l’envers pour la sortir du cadre, la batterie est amovible facilement. Une fois que le bouton qui verrouille le couvercle du sabot est tourné et qu’on l’a fait pivoter, il suffit de tirer sur la sangle et ça sort.

En revanche, pour le remontage, il faut bien faire attention à ce que le petit crochet qui maintien la poignée et la batterie en place viennent s’encastrer dans son logement sur le cadre. Sinon, pas de contact !

Et petite cerise sur le gâteau : la nouvelle console Kiox 400C qui vient se loger dans le top tube… Même si la majorité des VTTAE haut de gamme équipés en Bosch en dispose aujourd’hui, c’est une très bonne chose.

Connectivité

Intelligente, personnalisable et tournée vers l’avenir, l’application eBike Flow est l’outil de connexion avec votre futur VTTAE équipé d’une motorisation Bosch. La clé qui vous fera pénétrer dans le monde du vélo connecté. Les mises à jour en direct permettent d’améliorer sans cesse l’expérience d’utilisation grâce à de nouvelles fonctionnalités innovantes. Avec cette application, les modes d’assistance peuvent être réglés individuellement, les activités enregistrées de manière totalement automatiques et les applications de remise en forme de type Apple Health peuvent également être intégrées.

Dans le cadre du perfectionnement technique des composants que l’on trouve sur les vélos à assistance électrique, on peut s’attendre à de belles optimisations dans les années à venir (ABS, transmission automatique, et j’en passe…), sans parler de la nouvelle mise à jour et l’arrivée du mode eMTB + avec ses 100 Nm de couple et sa puissance maxi qui monte à 750 watts.

Sur le terrain

Bloc accordéon (accordion) :

Comportement moteur

Pour être tout à fait honnête, je peux vous dire que j’ai été très agréablement surpris par cette “Performance Update 2.0”. En clair, nous sommes enfin arrivés à un niveau de couple digne de ce que l’on était en droit d’attendre de la part d’un leader mondial de la motorisation pour les VTTAE avec autant d’expérience.

Sur le papier, Bosch nous annonce les chiffres de 120 Nm de couple, 750 watts de puissance en crête et 600 % d’assistance jusqu’à 15 km/h. Ce qui s’est avéré largement suffisant pour venir à bout des montées les plus raides et les plus technique où la vitesse dépasse rarement ce seuil. Après, comparé à l’Avinox M2S – qui lui pousse à fond jusqu’à 25 km/h – on ira forcément moins vite dans les portions un poil plus roulantes. Mais en jouant sur les curseurs et en restant au-dessous de + 5 en dynamique, on conserve les atouts du mode Race. En tournant les jambes à une cadence plus élevée, certes, mais avec un soutien régulier jusqu’au moment où l’assistance se coupe.

Autrement, les progrès sont surtout flagrants en eMTB +, où avec les 750 watts et les 120 Nm, on comble l’écart entre l’eMTB, relativement doux et le Race, plus exigeant physiquement. Le mode alterne intelligemment entre progressivité et réponse directe selon la situation que l’on trouve sur le terrain et quand on décide d’appuyer sur les pédales, peu importe la cadence, ça répond instantanément. C’est ça, le couple, vous me direz ! Et bien justement, c’est ce qu’il manquait (et a toujours manqué…) au Bosch CX depuis des années… Et grâce à la fonction “Dynamic Control”, l’assistance reste toujours exploitable au maximum, avec une motricité remarquable, y compris sur les sentiers très exigeants, les franchissements techniques et les terrains glissants ou fuyants.

De quoi rassurez les amateurs de VTTAE les plus difficiles, qui, grâce à quatre modes dynamiques finement paramétrés, bénéficieront d’une assistance adaptée à toutes les situations. L’application eBike Flow permet évidemment de les personnaliser, tant en termes de performances (jusqu’à 750 watts, 120 Nm) que de dynamisme et de réponse à l’accélération. Qu’il s’agisse de sentiers raides en montée, de portions glissantes sur des racines ou d’enchaînements de marches, la puissance est suffisamment généreuse, mais surtout, elle est désormais délivrée de manière moins brutale qu’auparavant.

Une nouveauté et pas des moindre chez Bosch et je peux vous dire que c’est bien appréciable ! Si elle n’est pas exploitable, la puissance ne sert à rien, dit-on… C’est là-dessus que les ingénieurs allemands ont vraiment travaillé et sur un Performance CX-R très nerveux (parfois même un peu violent), je pense que c’est exactement ce que la majorité des consommateurs recherchait. Et je peux vous dire qu’au guidon d’un enduro de 23 ou 24 kilos vif et nerveux comme le Haibike Hybe CF 11, dans la majeure partie des conditions, il y a quasiment de quoi rivaliser avec l’Avinox M2… Tout cela, bien sûr, en conservant le caractère original du Bosch CX.

Autonomie

Sur le Hybe 11, Haibike a choisi de monter une batterie Bosch de 800 Wh… C’est bien, mais ça fait quand même un peu lourd. Alors bon, le point positif, c’est que la nouvelle 800 étant plus légère que l’ancienne 750 (400 g de gagné quand même, merci les cellules 21 700…), c’est un peu moins pénalisant.

En chiffre, ça donne 1 640 m de dénivelé positif, 58 km et trois bonnes heures de roulage en tout-terrain technique pour un pilote de 65 kilos qui ne roule pas à l’économie et utilise en majeure partie le Tour, l’e-MTB et un poil d’eMTB + si le besoin s’en fait sentir.

En revanche, si l’on décide d’emprunter un parcours plus costaud avec des montées plus raides et plus techniques et que l’on choisit un mélange d’eMTB + pour trouver du grip et de Race pour aller plus vite quand le dénivelé positif est un moins important, on tape davantage dans la batterie et les chiffres descendent plutôt autour de 1 500 de D+ pour une quarantaine de kilomètres maxi

Notez qu’à la fin, lorsque l’on atteint les 30 derniers pourcents de batterie, le nouveau système Bosch ne vous prendra pas au dépourvu. En effet, une fois arrivé à ce stade, le System Controller logé dans le top tube vous prévient de ce qu’il vous reste (deux barres orange) et réitère l’alarme visuelle lorsque l’on atteint les 20 % (plus qu’une barre), avant de passer au rouge pour les 10 restants. De plus, l’assistance reste optimale jusqu’au bout et ne se met en mode “survie” que sur les 5 derniers pourcents… A partir de là, le moteur ne vous donne plus que le minimum d’assistance pour aller le plus loin possible, c’est-à-dire deux ou trois kilomètres et à peine 50 m de D+.

Réglages

Avec le Smart System, il est désormais possible de paramétrer tous les modes du moteur Bosch Performance CX et il ne faut surtout pas s’en priver, tant cela change (et améliore) le comportement de l’assistance et permet de se faire un moteur qui correspond exactement à chaque type de pratique.

Notez qu’il est désormais possible de choisir d’autres modes, comme par exemple le Tour à la place du Tour +, le Sport à la place de l’eMTB ou éventuellement l’Auto… Des modes “à l’ancienne” pour certains, mais un peu plus réactifs sous le coup de pédale.

Une fois l’application eBike Flow téléchargée sur votre smartphone, il suffit de connecter le vélo et ensuite de suivre les indications.

Pour une utilisation sportive et intense en tout-terrain technique, voilà les modes et les options de paramétrages que j’ai choisies…

Tour : +3 en assistance et +3 en accélération au pédalage

eMTB : +4 en assistance et +4 en accélération au pédalage

eMTB+ : +4 en assistance et + 3 en accélération au pédalage

Race : +3 en assistance et +3 en accélération au pédalage

85 Nm de couple sur le mode Tour et 120 Nm sur l’eMTB, l’eMTB + et le Turbo

750 watts d’assistance maxi en crête

A la montée

Comme j’ai pu le constater très rapidement, le Haibike Hybe CF 2026 est un vélo qui rend bien et qui n’est pas collé au pédalage. Et ça, même en VTTAE, c’est toujours agréable… Partant du principe que mieux ça roule et mieux l’autonomie se porte, le dynamisme et la vivacité de ce nouveau Haibike permettent de taper un peu moins dans la batterie.

C’est la raison pour laquelle, dès que les sentiers étaient plutôt roulants et sans gros dénivelé positif, j’ai utilisé assez régulièrement le mode Tour. Sur un vélo dont le comportement au pédalage se rapproche davantage d’un all mountain, ça reste suffisant pour un rythme rando ! Car avec sa géométrie réussie, son côté plutôt compact, son excellente répartition des masses – surtout avec une batterie de 800 Wh – et ses pneus un peu “légers”, le Hybe CF 11 envoie bien plus qu’un gros enduro en montée.

Si le terrain n’est pas trop collant et trop lourd, il suffit de varier entre le Tour et l’eMTB pour avancer à un bon rythme dans les portion moyennement raides et techniques. Ensuite, lorsque les véritables difficultés apparaissent et que l’on doit enchaîner les franchissements, les passages au dénivelé positif plus important  à l’adhérence précaire et les petites épingles, l’eMTB + se révèle le mode le plus efficace. Entre puissance et couple, il permet de disposer de suffisamment de motricité et de puissance linéaire pour grimper en conservant le maximum de grip.

Il faut dire que la maniabilité, la vivacité et la stabilité plus qu’honnête de ce nouveau Haibike particulièrement réussi, le place au plus haut de la hiérarchie des VTTAE équipés en Bosch CX-R. Grâce à sa position de pédalage parfaite, ses suspensions RockShox Ultimate, son angle de chasse raisonnable et son bon équilibre entre dynamisme et précision, lorsque ça grimpe, le vélo se faufile avec aisance sur les sentiers les plus sinueux.

Sans cabrer et en restant plutôt stable en dépit de son pneu arrière à gomme trop dure et de son montage en roues MX (29/27,5), il se montre à la fois sécurisant et efficace. On peut même dire qu’il incite vraiment à aller chercher la difficulté en montée. De plus, bien que j’aurais préféré des 155, les manivelles en 160 permettent tout de même de ne pas trop avoir à réfléchir dans les passages très étroits où les pédales risquent de toucher régulièrement le sol. On a donc un package vraiment complet pour que le pilote puisse s’exprimer librement et facilement sur des spéciales de type Power Stage.

Sinon, en mode Race, quand ça monte moins raide, mais que c’est tout de même technique, si l’on a les capacités de pilotage et une belle vision de la meilleure trajectoire à emprunter, il est possible de rouler vraiment vite en tournant les jambes entre 90 et 100 tr/mn… Là, sur des sentiers moyennement sinueux, plutôt cassants et parsemés de pierres, de rochers et de marches, ça devient physique, il faut rester très concentré, mais quel régal !

Bref, il y a moyen de bien s’amuser avec le Hybe et j’ai vraiment apprécié son côté à la fois nerveux et facile à maîtriser… En tout cas, une chose est sûre, en montée, par rapport à l’ancien modèle, assez efficace, mais plutôt pataud et pas très fun, ça n’a plus grand-chose à voir !

En descente

Avec son angle de chasse raisonnable (64,5°, je le rappelle), je me demandais si le Hybe CF 11 allait se comporter aussi bien qu’un “vrai” enduro dans la pente négative… Heureusement, ses 170 mm de débattement à l’avant et 160 à l’arrière offrent suffisamment de confort et de stabilité, pour qu’au final, on se sente en pleine confiance dans le dénivelé négatif. Et puis surtout, j’ai beaucoup aimé son petit côté particulièrement maniable, nerveux et même carrément joueur.

Dans les descentes très techniques, pas trop rapides et très sinueuses, je me suis régalé à négocier les épingles très serrées, les passages lents avec de belles marches et les belles enfilades où il est nécessaire de se faufiler entre les obstacles. On le place très facilement où l’on veut et il est extrêmement réactif. Des qualités mises en valeur par sa géométrie assez compacte, son angle de chasse pas trop ouvert et surtout son excellente répartition des masses… Le travail sur ce dernier point est d’ailleurs remarquable, avec à la clé, le meilleur VTTAE équipé d’une batterie Bosch de 800 Wh au niveau de la légèreté du train avant.

En montée, c’était déjà net, avec une sacrée aisance pour placer la roue avant où l’on veut, mais en descente, lorsqu’il s’agit de tirer sur le guidon pour un bunny-up ou un petit manual, c’est encore plus flagrant ! Ce qui est remarquable aussi, c’est que dès que l’on va chercher des sentiers bien engagés avec de la grosse pente ou même une spéciale d’enduro rapide, cassante, avec des passages défoncés et de gros freinages, le Hybe CF 11 encaisse tout cela sans broncher

Il faut dire que la fourche ZEB en 170 fait particulièrement bien le job et qu’associée à un amortisseur Super DeLuxe qui travail en parfaite harmonie avec l’avant, on peut lâcher les freins sereinement. D’ailleurs, puisque l’on en parle, il faut saluer encore une fois la performance des freins Sram Maven Ultimate, carrément impressionnants et qui permettent de se lancer dans de longues descentes sans redouter la moindre baisse de puissance. J’aime vraiment le toucher, mais aussi le mordant de ces modèles, qui, surtout avec un disque de 220 mm à l’avant, se sont révélés à la hauteur des capacités du bike.

Dans un autre registre, bien que le nouveau Hybe CF soit relativement léger et très maniable, je me suis toujours senti en confiance dans les portions rapides… Que ce soit dans les longues courbes, en freinage sur l’angle ou dans les dévers, le vélo garde sa ligne et une excellente adhérence. Globalement, il est donc à la fois fun à rouler et très sain dans la pente négative, ce qui, de ce fait, le rend plutôt sécurisant en mettant le pilote en confiance quel que soit son niveau.

Sinon, du côté des pneus, j’avoue que j’aurais tout de même préféré avoir d’origine quelque chose de moins fragile avec une gomme nettement plus tendre. Et effectivement, lorsque je les ai changés pour des Maxxis Assegai Double Down, je me suis retrouvé avec un vélo, qui, sans perdre sa grande polyvalence, m’a mis encore plus à l’aise. Je n’avais quasiment rien perdu en qualité de roulage, mais par contre, j’avais nettement gagné en confort d’utilisation…Ce qui, dans les sentiers cassants que je fréquente très régulièrement et sur un full carbone, ne peut être que bénéfique pour le pilote.

Bloc qualités / défauts :

Principales qualités

  • • Nouveau châssis parfaitement équilibré
  • • Légèreté du train avant
  • • Dynamisme
  • • Maniabilité
  • • Polyvalence
  • • Composants Sram full AXS
  • • Motorisation Bosch CX-R
  • • Batterie amovible

Principaux défauts

  • • Selle inadaptée pour le VTTAE
  • • Pneus légers pour une pratique enduro
  • • Tarif un peu élevé malgré un équipement au top

Qu’en penser ?

Si l’on compare le Haibike Hybe 2026 à l’ancien modèle – assez efficace au demeurant, mais pas vraiment fun –, on est clairement sur quelque chose de très nettement supérieur en termes de comportement. Je parlerais même de très bonne surprise sur le terrain, avec des qualités indéniables en montée comme en descente.

Il roule bien, est efficace au pédalage et une fois qu’on l’a pris en main et que l’on sait le maîtriser, c’est une sorte de cabri en montée ! Très dynamique, mais parfois un peu volage, c’est un excellent grimpeur qu’il faut néanmoins savoir dompter… Disons qu’avec le moteur CX-R particulièrement performant, en mode Race, il n’y a pas intérêt à s’endormir au guidon.

Et dans la pente négative, je l’ai trouvé très facile à manier, excellent dans les épingles serrées, avec une tendance à beaucoup moins gigoter que quand ça monte… Car si le Hybe n’est pas le plus stable des VTTAE d’enduro, son comportement donne quand même au pilote la sensation d’être en sécurité, y compris dans les portions rapides ou quand ça tabasse fort dans les trous.

Vous l’aurez compris, le Haibike Hybe CF 11 s’en sort carrément bien sur tous les types de terrain et m’a semblé nettement plus sympa et amusant à rouler que les modèles d’enduro produits jusqu’ici par la marque allemande… Le comportement a évolué dans le bon sens de manière franche, ce qui n’empêche pas le vélo de rester polyvalent et relativement accessible à tous les types de pratiquants. Alors certes, il est devenu plus joueur et par le fait peut-être un peu moins facile à maîtriser dans les montée techniques, mais pour le reste, il se comporte de manière saine et conserve tout de même un côté sécurisant bien agréable en descente. Perso, hormis de petites erreurs de casting sur quelques accessoires comme les pneus, la selle ou les poignées, j’ai trouvé que l’ensemble n’avait guère de défauts. Un bike réussi et finalement très agréable à rouler.

La seule vraie question que l’on peut se poser, c’est de savoir s’il existe une clientèle pour un VTTAE Haibike à plus de 10 000 euros… Même si le vélo est très réussi, ça risque d’être un peu difficile à vendre.

Vis-à-vis de la concurrence ?

Parmi les VTTAE d’enduro haut de gamme à 10 000 euros avec cadre carbone et motorisation Bosch Performance CX dernière génération que j’ai eu l’occasion de tester récemment, il y en a trois qui s’imposent…

D’abord, il y a le Santa Cruz Bullit CC XO à 11 699 euros. Un modèle qui ne laisse pas indifférent, avec des performances globales de très bon niveau, aussi bien en montée qu’en descente. Comme pour e Hybe, la polyvalence est de mise.

Ensuite, je pense forcément au Norco Range VLT CX C1 à 9 599 euros. Avec ses 22,6 kg, le nouveau Range a pour lui un poids carrément léger pour un VTTAE équipé d’une batterie Bosch de 800 Wh. Un bike nerveux et joueur, à l’aise lui aussi sur tous les types de terrain.

Et enfin, l’Orbea Wild M-Team à 9 999 euros. Il fait partie des meilleurs VTTAE d’enduro du marché, avec des performances particulièrement intéressantes. Et puis au niveau du rapport qualité/prix, le Wild 2026 reste une bonne affaire…

La gamme Hybe CF 2026

Elle se compose de trois modèles carbone avec un tarif de 7400 euros pour le CF 9, un peu moins bien loti au niveau des composants, ainsi que deux versions du CF 11 se négociant, elle, à 10 000 ‘(transmission et freins Shimano XT, Bosch CX)  et 11 000 euros (transmission et freins Sram, moteur CX-Race).